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Sanofi à un point de bascule / Frédéric Oudéa dresse les enjeux de l’entreprise
Frédéric Oudéa présidait mardi pour la première fois l’assemblée générale des actionnaires de Sanofi. Celui qui a dirigé la Société Générale pendant quinze ans avait pris ses fonctions il y a tout juste un an, à l’issue de la précédente assemblée générale en succédant à Serge Weinberg. Un intervalle durant lequel il a pu totalement appréhender les enjeux de l’industrie pharmaceutique.
Celle-ci "fait face à une double révolution du fait d'une part, de l'émergence de nouvelles approches thérapeutiques comme l'ARN messager, la thérapie génique, les radioligands (utilisés dans la thérapie ciblée de certains cancers, ndlr) et d'autre part, de l'utilisation croissante de données toujours plus nombreuses et de l'intelligence artificielle", a ainsi souligné le dirigeant devant les actionnaires. "La combinaison de ces deux révolutions technologiques offre des opportunités immenses et sont notamment espérées des gains de productivité et d'efficacité considérables au niveau de la recherche et du développement, en permettant de manière plus sûre la découverte de nouveaux modes d'action, de mécanismes et molécules et en réduisant le temps de l'innovation", a-t-il ajouté.
Un sujet de la recherche et développement en lien justement avec la nouvelle stratégie adoptée à l’automne dernier par le groupe, à l’initiative du directeur général, Paul Hudson, visant à augmenter les dépenses de R&D en les recentrant sur l’immunologie, au détriment de la rentabilité à court terme, ce qui avait alors été sanctionné par les investisseurs. Depuis, "une meilleure compréhension de notre pipeline en nouveaux médicaments a permis au cours de l'action de refaire une partie significative du chemin perdu en fin d'année. Nous sommes lucides et réalistes. Nous savons qu'il nous appartient de montrer que les choix faits en matière de R & D sont les bons", a expliqué Frédéric Oudéa. A cet égard, les récents résultats positifs d’une étude de phase III évaluant sa molécule rilzabrutinib pour le traitement de la thromobocytopénie immune (maladie se caractérisant par la destruction ou la dégradation des plaquettes) ont envoyé un signal positif.
Vers une croissance "de plus en plus soutenue"
"A bien des égards, 2023 a été l'aboutissement du premier chapitre de notre stratégie Play to win et un point de basculement pour la transformation de notre portefeuille", a souligné pour sa part Paul Hudson, rappelant que les médicaments Beyfortus (visant à immuniser les bébés contre le principal virus à l'origine de la bronchiolite), Altuviiio (pour l'hémophilie) et Tzield (pour le diabète de type 1), lancés l’an dernier, ont généré des ventes de plus de 700 millions d'euros en 2023, dépassant largement les attentes. Une croissance appelée à être "de plus en plus soutenue chaque année", alimentée "par de nouveaux lancements de médicaments", résultant eux-mêmes de l’intensification de la R&D, le groupe ayant prévu d’augmenter de 50% le nombre de ses essais cliniques en 2024 et 2025.
Et ce alors que dans le même temps, comme l’a rappelé le nouveau directeur financier du groupe, François-Xavier Roger, le médicament Aubagio (environ 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2023 dans le traitement de la en sclérose en plaques) "était le dernier grand produit (de Sanofi) dont le brevet expire cette décennie, ce qui nous positionne de façon très favorable dans notre industrie".
Sans oublier que le nouveau virage stratégique pris par Sanofi prévoit aussi une opération d’envergure avec la décision annoncée de se séparer de sa division santé grand public, qui produit des médicaments matures, à grands volumes et parfois vendus sans ordonnance, comme le Doliprane. "Les modalités de cette plus grande indépendance ne sont pas encore décidées, mais nous pouvons vous assurer que nous choisirons la meilleure option pour la croissance de ce métier en termes de création de valeur", a assuré mardi Frédéric Oudéa.
L’assemblée générale qui se tenait mardi a par ailleurs permis de présenter aux actionnaires les nouveaux venus au conseil d’administration : Clotilde Delbos, Anne-Françoise Nesmes et John Sundy en qualité d’administrateurs indépendants. Leurs nominations ont été approuvées à une large majorité, de même que le dividende de 3,76 euros par action proposé au titre de l’exercice 2023.
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