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Le non-coté vise les 20 000 milliards de dollars d'encours à horizon 2028 / Private equity et dette privée resteront moteurs
Le non-coté est appelé à poursuivre son essor contre vents et marées. Ses actifs pourraient atteindre près de 20 000 milliards de dollars d’ici à 2028, voire 24 000 milliards de dollars si l’environnement macroéconomique s’y prête, estime Pitchbook, à comparer à 15 000 milliards de dollars environ aujourd’hui.
Bien sûr, la thématique sort de deux années compliquées, entre collecte de fonds en demi-teinte, un environnement de sortie morose et des rendements affectés par des taux d’intérêts élevés. Mais ces facteurs de stress n’empêchent pas les investisseurs institutionnels d’être optimistes. Une récente enquête d'Adams Street Partners révèle que 67 % d’entre eux prévoient d'augmenter leur déploiement sur les marchés privés en 2024, 88% étant confiants dans le fait que les marchés privés surpasseront les marchés publics à long terme.
Il est vrai que le raisonnement a très bien fonctionné dans le passé (dont les performances ne préjugent certes pas toujours de celles du futur). De 3 700 milliards, les actifs sous gestion des fonds privés ont atteint 14 700 milliards de dollars en 2022, avec une croissance annualisée de 12,8% entre 2012 et 2022. Sur la période, les capitaux privés ont ainsi connu une croissance 2,5 fois supérieure à celle des marchés privés. "Les allocations sur les marchés privés sont devenues une pierre angulaire des portefeuilles des investisseurs institutionnels", souligne Pitchbook, pour qui "les actifs sous gestion des fonds privés ont encore une bonne marge de progression".
Le vent contraire des taux
Selon la société d'analyse, il ne fait pas de doute que la trajectoire des prochaines années restera ascendante, mais celle-ci sera plus ou moins pentue en fonction de différents paramètres.
Pour tenir compte de la manière dont les marchés privés peuvent se comporter dans des environnements économiques différents, Pitchbook a modélisé trois scénarios : un scénario favorable impliquant une expansion économique générale et un grand appétit des investisseurs ; un scénario de base qui suit largement les tendances à long terme ; et un scénario défavorable caractérisé par une toile de fond économique plus difficile, des performances de fonds en demi-teinte et des distributions toujours faibles. Ces scénarios donnent une fourchette d'actifs sous gestion comprise entre 16 100 et 23 700 milliards de dollars pour les cinq prochaines années. Le scénario de base, prévoyant un total d'actifs sous gestion de 19 600 milliards de dollars, implique une croissance annuelle de 4,9 % jusqu'en 2028.
A cet égard, l'évolution future des taux d'intérêt est sans doute le facteur macroéconomique le plus important pour la croissance du secteur. A court terme, les principales banques centrales à l'exception de la Banque du Japon - devraient maintenir leurs taux directeurs ou les réduire légèrement. Plus élevée que prévu, l'inflation récente aux États-Unis a entraîné une modification des attentes du marché concernant la politique de la Réserve fédérale (la Fed). Au début de l'année, le marché prévoyait cinq baisses de taux d'intérêt pour 2024, alors qu'il n'en attend plus qu'une ou deux. De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait procéder à une première baisse de taux dès le mois de juin.
"Cela dit, même avec les vents contraires des taux, nous prévoyons que la plupart des stratégies de capital privé connaîtront une croissance substantielle au cours des cinq prochaines années", estime Pitchbook. Avec des différences toutefois notables selon les segments.
Le capital-risque et l'immobilier à la peine
Une chose est sûre, la croissance du private equity devrait rester robuste. Les prévisions de Pitchbook tablent sur un scénario de base de 8 000 milliards de dollars d'actifs sous gestion d'ici 2028 pour la classe d’actifs, soit une expansion cumulée de 51,1 % par rapport à 2022. La dette privée et les actifs réels devraient également continuer à bénéficier d’une dynamique porteuse, avec des hausses sur cinq ans estimés par Pitchbook à 42,9% (à 2 300 milliards de dollars) et 26,8% (à 1 700 milliards de dollars) respectivement.
Avec des progressions attendues de 20,7% (à 4 600 milliards de dollars) et 10,3% (à 1 400 milliards de dollars), le capital-risque et l'immobilier "sont confrontés à des trajectoires plus difficiles, le capital-risque se débattant sous le poids d'une faible activité de sortie tandis que les engagements dans l'immobilier sont dans un creux jamais vu depuis la crise financière mondiale de 2007-2008", observe Pitchbook.
Dans le même temps, les fonds secondaires devraient poursuivre leur essor. De 462,5 milliards de dollars en 2022 après une envolée de 203% en dix ans, les actifs sous gestion de la thématique pourraient atteindre 702,2 milliards d’euros d’ici à 2028, soit une croissance de 51,8%.
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