Entreprises / Actions / Renault
Entreprises / Actions
Renault
Renault lie officiellement son destin au chinois Geely / La coentreprise Horse Powertrain est lancée
L’accord aura pris du temps pour se concrétiser. Annoncée à l’été 2023, la création de la coentreprise baptisée "Horse Powertrain Limited", dédiée aux moteurs thermiques, entre Renault et Geely, le premier constructeur automobile chinois (qui détient les marques Geely Auto, mais aussi Volvo, Polestar, Emgrand, Link&Co, Proton et Lotus), est effective.
La joint-venture a été officiellement créée ce 31 mai 2024. Chaque groupe détient une participation de 50 % dans l’entité, dont le siège social a été établi à Londres, et à la tête de la laquelle a été nommé Matias Giannini, l’ex patron de l’ancienne division d’engrenages de l’équipementier allemand Continental. Daniel Li, le directeur général de Geely (et vice-président de Geely Auto), préside le conseil d’administration, composé de six administrateurs représentant à parts égales ses actionnaires.
Tandis que la stratégie du groupe dans l’électrique, mise en œuvre depuis novembre dernier au sein de la filiale dédiée Ampere, affiche de premiers succès d’estime, la stratégie thermique démarre donc à son tour.
Pour Renault, qui a fait de l’électrique sa priorité, l’objectif est de mutualiser les dépenses sur un marché des moteurs thermiques appelé à continuer de représenter une large part des ventes pendant encore de longues années. S’il est prévu que l’usage des voitures à moteur thermiques devienne interdit sur certains marchés clés (en Europe et en Chine) au cours de la prochaine décennie, la transition vers un parc automobile entièrement électrique pourrait s’étaler sur une période plus longue que prévu. Les technologies hybrides et les carburants alternatifs, comme les biocarburants et les carburants synthétiques, font figure de solutions intermédiaires vers la décarbonation.
15 milliards d'euros de chiffre d'affaires
"Ce partenariat […] va nous permettre de créer un nouvel acteur doté des capacités, du savoir-faire et des connaissances nécessaires pour développer des technologies en matière de motorisations thermiques à très faible émission et d’hybrides très économes, essentiel pour l'avenir", explique ainsi Luca de Meo, le directeur général de Renault. Un enjeu de taille, le constructeur français estimant lui-même que plus de la moitié des véhicules produits devraient encore être équipés de moteurs thermiques d'ici à 2040.
Les atouts de la coentreprise sont pour cela ses sept sites de production de moteurs et transmissions ainsi que ses cinq centres de R&D répartis sur trois continents. Ainsi que son portefeuille de clients, puisque Horse fournira logiquement Renault, Geely, Volvo, Proton, mais aussi Nissan et Mitsubishi, dont l'alliance avec le contructeurs français se poursuit sous une nouvelle forme. Ce qui explique que Horse table sur un chiffre d'affaires annuel prévisionnel d'environ 15 milliards d’euros et une production de 5 millions de groupes motopropulseurs par an.
A noter que l’effet sur les comptes de Renault de la création de Horse ne sera pas neutre sur le plan comptable. Le groupe va dorénavant verser une redevance à Horse du fait qu’il lui achètera des moteurs. Et étant donné la concrétisation plus tardive que prévu de la création de Horse, "l'impact négatif devrait être légèrement inférieur à celui supposé par l'équipe de direction en février lors de la publication de ses prévisions pour l'exercice 2024", estiment les analystes d’UBS.
Une question importante reste surtout en suspens, celle de l’acquisition possible par le saoudien Aramco d’une participation dans la coentreprise. Bien qu’il ait signé une lettre d’intention avec Renault et Geely en juillet 2023, celui-ci ne fait pas partie de l'aventure pour le moment. Or, observe UBS, s’il décidait d’y investir, "cela pourrait aider à valoriser Horse et également impliquer que Horse restitue de l’argent à ses actionnaires Renault et Geely".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

