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QUadient
Quadient veut accélérer sa profitabilité et ses revenus récurrents / Mais la croissance va rester modérée jusqu’en 2026
Cinq ans après être entré dans l’ère numérique en devenant Quadient, l’ex Neopost aborde une nouvelle étape de son histoire. La nouvelle feuille de route stratégique Elevate to 2030 présentée mercredi par le groupe à l’occasion d’un "Capital Market Day" capitalise sur le plan précédent. Baptisé "Back to Growth", celui-ci a permis de repositionner l’entreprise en tant que plate-forme intelligente d’automatisation reposant sur un modèle de souscription à même de générer d’importants revenus récurrents. En termes de retombées, la deuxième phase du plan initiée en 2021 visait à mettre Quadient sur une trajectoire de croissance durable de son chiffre d’affaires et de son résultat opérationnel.
Une mission accomplie, comme l’ont illustré les résultats 2023, marqués par une croissance de 9,3 % du résultat opérationnel, et une troisième année consécutive de croissance organique positive. Le premier trimestre 2024 a confirmé la tendance, profitant du dynamisme des activités software et d’une forte accélération de la base de revenus annuels récurrents, celle-ci ayant atteint 215 millions d’euros, en augmentation organique de 17 % sur une base annualisée par rapport à la fin de l’année 2023.
De fabricant de machines à affranchir à l’origine, l’entreprise s’est muée au cours de ces dernières années en acteur de la transition numérique au fur et à mesure du développement de l’externalisation, de la dématérialisation des factures et de documents. Ce qui l’a amené à enrichi son offre avec des logiciels optimisant l’utilisation de ses équipements, et à déployer une plateforme cloud de communications clients omnicanales. Ses activités physiques et digitales se répartissent ainsi en trois grands domaines d’activité : l’automatisation intelligente des communications, les solutions liées au courrier (l’activité historique), et les consignes de colis automatiques, nouveau relais de croissance depuis l’acquisition en 2019 du leader américain Parcel Pending.
Entre marché en déclin et relais de croissance
Tout l’enjeu pour Quadient est de surmonter le déclin régulier des volumes de courrier qui constituent le cœur de son métier historique jusqu’à le dépasser. Et ce, en misant tout d’abord sur sa capacité à innover, à améliorer son offre et à gagner des parts de marché sur son activité coeur. Ensuite en s’appuyant sur sa plateforme d’automatisation digitale, qui propose un large éventail d’applications logicielles à haute valeur ajoutée, basées dans le cloud et disponibles via des abonnements en mode SaaS. Dans les principales régions où opère Quadient, la demande qu’adresse sa plateforme d’automatisation digitale devrait passer d’environ 6 milliards d’euros en 2023 à environ 9 milliards d’euros en 2027, estime le groupe, fournissant des opportunités de croissance à la fois en automatisation des communications et en automatisation des processus financiers.
Quant à la plateforme d’automatisation des consignes colis de Quadient (l’activité "Lockers"), qui fournit une série d’applications dédiées à la collecte et au renvoi de colis, son principal moteur est l’expansion de l’e-commerce. Dans les principaux pays où opère Quadient, le groupe estime que le marché adressable pour sa plateforme d’automatisation des consignes colis devrait croître à un rythme moyen de l’ordre de 10 % par an pour passer d’environ 400 millions d’euros en 2023 à environ 600 millions d’euros en 2027.
De cette façon, Quadient vise un chiffre d’affaires sur abonnement (lié aux souscriptions) de plus de 1 milliard d’euros à l’horizon 2030, soit une augmentation supérieure à 250 millions d’euros par rapport à 2023, avec un chiffre d’affaires total de 1,3 milliard d’euros, porté par une croissance à deux chiffres des activités Digital et Lockers et la résilience de la plateforme d’automatisation de courriers. En termes de profitabilité, toutes les activités devraient converger vers des marges d’EBITDA comprises entre 20 % et 30 % et le groupe vise un résultat opérationnel courant d’environ 250 millions d’euros, en hausse 100 millions d’euros par rapport à 2023.
Ventes croisées
Pour ce faire, la stratégie commerciale va largement s’appuyer sur les ventes croisées. Par exemple, "dans le domaine du traitement de courrier, nous avons fait une évaluation fine des clients sont susceptibles de pouvoir acheter nos solutions soit de consignes, soit de logiciels : il y en a 150 000 qui offrent ce potentiel de cross selling, ce qui représente une opportunité d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire sur cette base existante", a expliqué Geoffroy Godet, le directeur général de Quadient, lors d’une conférence téléphonique.
Les objectifs à horizon 2030 impliquent une croissance moyenne annuelle de 2,9 % du chiffre d’affaires et de 6,9 % du résultat opérationnel. A court terme en revanche, la dynamique sera moindre. Le groupe vise en effet pour la période 2024 à 2026 une croissance organique d’au moins 1,5 % et une croissance moyenne annuelle du résultat opérationnel d’au moins 3 %. La patience n’étant pas le fort des investisseurs, l’action Quadient chutait mercredi après-midi de 13,4 % à 18,96 euros.
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