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Rexel confronté à un environnement plus complexe et concurrentiel / Mais les volumes résistent
Entre une activité qui résiste et une rentabilité qui recule, la déception l’emporte à l’issue du deuxième trimestre de Rexel, dont le cours de Bourse chutait mardi de 6,7 % à 23,5 euros. Le fournisseur d’équipements électriques a enregistré des ventes de 4,9 milliards d’euros sur la période, en progression de 1,8 % en données publiées.
Une évolution positive que le groupe doit fortement à sa politique active d’acquisitions ciblées, puisqu’en organique, c’est-à-dire à données comparables (et à nombre de jours constants) les ventes ont reculé de 2,4 %. Même si cette baisse comporte en elle-même un élément rassurant, "les volumes ont été négatifs de 0,9 %", après le recul marqué de 4,6 % qui avait été enregistré au premier trimestre 2024 (-4,6 %), ce qui "marqu [e] une amélioration en séquentiel", observe le cabinet Oddo BHF.
La direction du groupe souligne à cet égard la forte résilience du marché nord-américain où les ventes ont limité leur recul en organique à 0,9 %, compensant une activité plus difficile en Europe (-4,5 %). Ce n’est pas pour rien que le groupe a fait de son renforcement aux Etats-Unis – le premier marché mondial en matière de fournitures électriques - l’une de ses priorités. Il vient d’ailleurs tout juste d’y procéder à une nouvelle acquisition, celle de la société Electrical Supplies, annoncée le 10 juillet, par sa filiale locale, Mayer, qu’il avait acquise en 2021.
Croissance du digital
Rexel a d’ailleurs vu ses volumes de ventes progresser (de 0,2 %) en Amérique du Nord au deuxième trimestre, tandis qu’ils reculaient nettement (de 2,8 %) en Europe. Outre la contribution des acquisitions, la hausse des ventes digitales, qui ont atteint 31 % du chiffre d’affaires au deuxième trimestre, en progression de 290 points de base, constitue un autre motif de satisfaction dans un marché par ailleurs difficile.
Cette difficulté du marché se reflète dans un effet prix négatif de part et d’autre de l’Atlantique, qui explique la déception sur les résultats. Sur l’ensemble du premier semestre, le résultat net récurrent de Rexel a diminué de 17,6 %, à 340,8 millions d’euros, tandis que l’excédent brut d’exploitation (Ebita) s’est tassé de 21,6 % à périmètre et taux de change constants, à 574,2 millions d’euros, faisant ressortir une marge de 6 %, en baisse de 134 points de base, là où les analystes tablaient sur 590 millions d’euros.
Tout en soulignant une " amélioration de l’activité mois après mois ", Rexel ne cache pas évoluer "dans un environnement plus complexe marqué par des incertitudes politiques et un marché plus concurrentiel ". En conséquence, le groupe modère ses ambitions et indique viser dorénavant pour 2024 la "partie basse" de ses objectifs initiaux en matière de chiffre d’affaires et de marge d’Ebita ajusté. Sachant qu’il prévoyait jusque-là une croissance de ses ventes à nombre de jours constants "stable à légèrement positive" et une marge d’Ebita ajusté comprise entre 6,3 % et 6,6 %. "Le niveau des prix reste clé pour les marges du groupe ", souligne Oddo BHF. Et le trimestre qui vient de s’écouler a plutôt renforcé l’incertitude sur ce point.
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