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Private equity : le retour des mega deals en Europe / Entre complexité régionale et opportunités globales

Les méga-fonds européens connaissent une belle dynamique en 2024, soutenus par une collecte de capitaux records et un marché des transactions redevenu favorable. Le salon de l’IPEM, qui s’est déroulé cette semaine à Paris, a notamment abordé la question du retour des mega deals. Les intervenants en ont profité pour souligner que l’Europe demeurait un marché complexe et hétérogène, nécessitant une approche microéconomique plus que macroéconomique. 
Conférence "Why mega deals are making a comeback" à l'IPEM Paris 2024
Conférence "Why mega deals are making a comeback" à l'IPEM Paris 2024

Après avoir collecté des montants records de capitaux en 2023, les méga-fonds européens - des véhicules d’un milliard ou plus - ont continué sur leur lancée au premier semestre 2024. Parmi les closing de méga-fonds du seul deuxième trimestre, figurent ainsi Partners Group Direct Equity V pour 14,2 milliards d'euros, Bregal Unternehmerkapital IV pour 2,7 milliards d'euros, Latour Capital IV pour 1,6 milliard d'euros, ou encore EQT Mid-Market Growth Partnership Fund pour 1,5 milliard d'euros. 

De quoi alimenter la poudre sèche des fonds de buyout, par ailleurs soumis à une pression croissante de la part de leur LPs pour réaliser des sorties. La taille moyenne des opérations augmente ainsi à nouveau, de même que la valeur des sorties : il y a eu 23 méga-sorties au premier semestre, qui ont représenté plus de la moitié de la valeur des sorties, dont 10 étaient des introductions en bourse, indique un récent rapport de Pitchbook. 

Le marché est manifestement redevenu plus propice à la conclusion de transactions”, selon Maxim Crewe Partner chez Cinven, qui s’exprimait cette semaine à l'occasion de l'IPEM Paris 2024, lors d’une conférence sur les raisons du retour des mega deals.  

 

Les pipelines sont pleins

 

Pour l’expliquer, d’une part, “il est évident que le financement est redevenu assez liquide”, a-t-il remarqué, alors que d’autre part, les attentes des acheteurs et des vendeurs en matière de prix parviennent désormais à se rencontrer “un peu au milieu”. Le retour à une meilleure confiance dans la qualité des résultats des entreprises depuis la fin de la pandémie a joué également. “Au cours des 12 derniers mois, nous avons été en mesure d'avoir une bien meilleure lecture de ce qu'est une véritable trajectoire de résultats”, a-t-il souligné.

Même son de cloche positif du côté de Tristan Tully, managing partner chez Brookfield. “Notre pipeline n'a jamais été aussi rempli”, a-t-il indiqué, dans une période où les LPs consolident leurs relations avec les GPs et se concentrent sur ceux qui ont les capacités les plus profondes et larges. Hormis cela, “l'une des raisons pour lesquelles notre pipeline est si actif en ce moment est que nous nous sommes dotés d'une stratégie tous temps. A tous les moments du cycle, il y a de grandes entreprises qui sont mal comprises et mal gérées”, a-t-il expliqué. 

 

L'approche microéconomique

 

Pour autant, il n’est pas si évident d’affirmer que le retour des grandes opérations a lieu uniformément sur tout le continent européen. “L'Europe est devenue plus complexe que jamais”, et ne peut être appréhendée comme un tout homogène, a ainsi observé de son côté Michael Wand, head of private equity chez Carlyle, pour qui il s'agit d’ailleurs davantage “d'une question de microéconomie que de macroéconomie”. 

Il s'agit de thèmes à long terme auxquels nous croyons vraiment, d'entreprises que nous suivons depuis longtemps. Notre conviction est de nous déployer presque indépendamment de ce qui se passe dans le monde extérieur”, a abondé Christian Lucas, managing partner chez Silver Lake. Soit suivre une approche microéconomique disciplinée à travers les cycles afin de dénicher les entreprises décotées par rapport à leur valeur réelle. D’ailleurs, comme l'a noté Michael Wand de Carlyle, “les processus sont beaucoup plus longs, les investisseurs réclament davantage de due diligence”.

 

Le DPI a remplacé le TRI

 

En termes de secteurs, si la technologie, les services aux entreprises et de la santé se distinguent, “le plus important est d'être international” et “d’avoir des collaborateurs locaux sur le terrain, lorsque vous achetez ces entreprises à grande capitalisation qui ont des activités dans le monde entier", a par ailleurs souligné Tristan Tully, de Brookfield. 

Tout en travaillant à leurs acquisitions, les grands fonds de buy out s’activent également sur le front des sorties. Dans ce domaine, si “la plupart des équipes de transaction vous diront que si nous attendons 12 mois de plus, le multiple sera plus important”, les fonds ont désormais adopté une approche de portefeuille, a expliqué Maxim Crewe de chez Cinven. Le critère déterminant semble ainsi être devenu le DPI, qui signifie Distribution to Paid-In capital (DPI), c'est à dire le ratio du capital effectivement rendu par un fonds à ses LPs clients. Ainsi, “il est clair que le DPI a remplacé le TRI net en tant qu'indicateur clé de performance”, a confirmé Michael Wand de Carlyle.

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