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Les LPs manifestent leurs nouvelles exigences / De la diversification, du réinvestissement et de plus petits fonds au menu
La grand-messe annuelle des acteurs des marchés privés, le salon de l’International Private Equity Market (IPEM), s’ouvre ce lundi à Paris. L’occasion, pour les décideurs de l'industrie, de revenir sur une année 2023 qui aura marqué un tournant pour le private equity et d’aborder les perspectives et les évolutions qui dessineront son avenir. Un évènement donc tout trouvé pour publier la deuxième édition du rapport annuel d’AlixPartners, en partenariat avec l’IPEM, au sujet des tendances en matière d’allocations et de levées de fonds pour les douze prochains mois.
Une étude menée auprès de plus de 1 200 investisseurs (Limited Partners, LPs) et 1 064 gérants (General Partners, GPs) français et internationaux, dont un constat ressort nettement : si des signaux de reprise se dessinent, le marché reste complexe.
La dette privée et les infrastructures ont toujours la cote
Les nouveaux investissements devraient tout d’abord rester principalement axés sur le capital-investissement, à hauteur de 39 %. Cette proportion s’affiche néanmoins légèrement en baisse, au profit de la dette privée et des actifs réels (avec une préférence allant aux infrastructures), qui récoltent quant à eux respectivement 23 % et 16 % des faveurs des investisseurs souhaitant allouer de nouveaux fonds. Ce qui traduit une réelle volonté de diversification, souligne l'étude.
Au sein de la dette privée, des mouvements plus notables vers les situations spéciales ou les fonds de fonds devraient également être à l’ordre du jour, "probablement en raison des échéances de dette qui se rapprochent et des défis financiers auxquelles certaines sociétés sont aujourd’hui confrontées", expliquent AlixPartners et l'IPEM.
Une concurrence accrue
Il se trouve, par ailleurs, que les relations déjà établies devraient être de nouveau privilégiées cette année. Les LPs font preuve d’un intérêt grandissant pour les réinvestissements auprès de leurs GPs. Cela se vérifie dans le capital-investissement (à l’exception du segment fonds de fonds), ainsi que dans la dette privée. Autre demande croissante : les fonds de petites et moyenne tailles, soit ceux allant de 20 à 500 millions d’euros. "Les LPs se tournent de plus en plus vers des allocations primaires plus petites, le segment de 20 à 100 millions d'euros étant particulièrement prisé", précise le rapport. De quoi entraîner une concurrence accrue entre GPs pour attirer des capitaux, poursuit-il. D’autant que lever des fonds reste difficile. Si l’étude relève une légère détente du marché par rapport à l’année précédente, avec davantage de liquidités, de sorties et de transactions complétées, les conditions n’en demeurent pas moins dégradées.
Les données recueillies pointent toutefois qu’un pourcentage plus élevé de GPs est en train de lever des fonds, signe d’une éclaircie en matière de nombre d’opérations. Mais un tiers des fonds en cours de levée a déjà annoncé un premier closing au fil de l’année civile écoulée. Soit près du double par rapport aux données récoltées l'an dernier… ce qui suggère donc un allongement des campagnes de financement, souligne l’étude.
Plus d'alignement
Dans ce marché en légère détente, les allocations prévues pour les douze mois à venir restent à des niveaux somme toute élevés, indique le rapport, à plus de 100 milliards d’euros. "Nous constatons par ailleurs un meilleur alignement entre les GPs et les LPs dans le ciblage des secteurs d’activité, avec la technologie et les logiciels représentant le secteur le plus scruté, suivi par la santé puis les services", ajoute Nicolas Beaugrand, partner et managing director en charge du private equity et de l’ESG chez AlixPartners.
En tout cas, prévient l’étude, les LPs semblent bien décidés à continuer de privilégier des stratégies qui leur offriront des rendements constants et une performance absolue. Au programme, pour les convaincre : création de valeur, expertise sectorielle et géographique ainsi qu’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Autant de facteurs décisifs pour répondre aux exigences croissantes des investisseurs et notamment sur les segments inférieurs à 500 millions d’euros.
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