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UniCredit monte en force dans Commerzbank / Berlin s’oppose à une prise de contrôle hostile
Si certains doutaient peut-être encore des intentions d’UniCredit vis-à-vis de Commerzbank, la deuxième banque italienne vient assurément de les clarifier. Elle n’avait certes pas exclu de dépasser les seuil des 9,9% lorsqu’elle était montée le 11 septembre à 9% du capital de son homologue allemande.
Or, cela n’a pas traîné. UniCredit a acquis des instruments financiers lui permettant d’atteindre 21% du capital, a-t-elle annoncé lundi, la montée au capital prenant l’allure d’un raid. Et ce, tout en précisant avoir soumis une demande réglementaire l’autorisant à dépasser les 10% du capital et à porter sa participation à 29,9%. La livraison physique des titres représentant environ 11,5% du capital de Commerzbank ne pourra en effet avoir lieu qu’après l’obtention des autorisations requises de la part de la Banque centrale européenne (BCE).
Également, UniCredit a précisé que la majeure partie de son exposition à Commerzbank avait été "couverte afin de lui offrir une flexibilité totale et la possibilité de conserver sa participation, de vendre sa participation avec un risque de baisse limité ou d'augmenter encore sa participation". La décision "dépendra du résultat du dialogue avec Commerzbank, sa direction et son conseil de surveillance ainsi que ses parties prenantes plus larges en Allemagne".
Or, c’est un euphémisme de dire que cette montée au capital de Commerzbank n’est pas très bien perçue outre-Rhin, où la défiance est de mise jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Le chancelier allemand Olaf Scholz a déclaré lundi à l’agence Reuters que "les attaques hostiles" n’étaient "pas une bonne chose", tandis qu’un responsable du gouvernement a indiqué au Financial Times que Berlin soutenait la stratégie d’indépendance de Commerzbank.
Le raid sur Commerzbank soulève ainsi une franche opposition politique en Allemagne, où le FT rapporte également que le gouvernement a rejeté une demande de réunion demandée à plusieurs reprises par UniCredit après sa montée à 9% du capital.
Conséquence, l’agence financière de l’Etat a déclaré ce week-end que l’Etat allemand ne vendrait plus de titres Commerzbank à court terme, précisant dans son communiqué que "Commerzbank est un établissement stable et rentable" et que "sa stratégie est axée sur l'autonomie". Vendredi, les syndicats avaient de leur côté manifesté leur opposition à un rachat par UniCredit "dans l’intérêt de l’économie allemande".
Il reste qu’UniCredit pourrait tout à fait obtenir de la part de la BCE l’autorisation requise pour porter sa participation au-dessus de 10 % de Commerzbank, dont la banque italienne deviendrait alors le principal actionnaire, devant Berlin, ce qui augurerait d'une nouvelle augmentation des frictions sur le dossier.
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