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QUadient

Quadient réalise un début solide dans l’exécution de sa nouvelle feuille de route / Sans dissiper les doutes des investisseurs

L’été 2024 aura constitué une zone de turbulences pour Quadient, entre la présentation de son nouveau plan stratégique et la montée de Daniel Kretinsky à son capital. Pour l’heure, si les résultats semestriels vont dans le bon sens malgré une légère déception, les objectifs à long terme et les incertitudes quant aux intentions de l’homme d’affaires tchèque continuent de laisser les investisseurs dans l’expectative.
Quadient a enregistré une forte amélioration de la profitabilité de son activité digitale au premier semestre 2024
Quadient a enregistré une forte amélioration de la profitabilité de son activité digitale au premier semestre 2024

L’été de Quadient a été mouvementé. Entre la présentation en juin de son nouveau plan stratégique, qui s’est traduite par une violente correction boursière, suivie d’un rebond éphémère, consécutif à la montée du milliardaire Daniel Kretinsky au-delà des 15 % du capital, l’ex-Neopost s’est retrouvé sous les feux de la rampe.

Mais dans un cas comme dans l’autre, les investisseurs restent dans l’expectative. D’un côté, les objectifs à horizon 2030 présentés par l’équipementier du courrier, qui s’est mué au cours de ces dernières années en acteur de la transition numérique, doté d’une offre de logiciels, et diversifié dans les consignes de colis automatiques (activité Lockers), leur paraissent encore lointains, avec une dynamique limitée à court terme. Ce qu’attestent les résultats semestriels publiés lundi soir, qui sont solides, mais légèrement inférieurs aux attentes. L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) des six premiers mois de 2024 s’est établi à 111 millions d’euros, contre 112 millions d’euros un an plus tôt, et 114 millions d’euros anticipés par le consensus des analystes.

 

L’activité Lockers est la cible

 

De l’autre, de l’autre, ils doutent que la prise de participation de l’homme d’affaires tchèque débouche sur une prise de contrôle complète. Celui-ci est certes devenu le premier actionnaire du groupe, devant le fonds d’investissement Teleios Capital Partners - qui s’est, lui, allégé sous les 10 % du capital dans le courant du mois d’août – et Bpifrance (8,12 % au dernier pointage). Mais racheter l’entièreté de Quadient n’aurait pas forcément beaucoup de sens.

Vesa Equity Investment, le véhicule d’investissement de Daniel Krestinksy, est pourtant très investi dans le secteur postal. Il est actionnaire à 27,6 % du britannique Royal Mail, sur lequel il a déposé une offre de rachat, sachant qu’il est aussi actionnaire à 29,9 % de la poste néerlandaise PostNL. De plus, Royal Mail et sa filiale GLS France sont clients de Quadient, de même que le distributeur Darty, dont Vesa Equity Investment est aussi le premier actionnaire.

Reste que "ces liens commerciaux concernent les consignes de colis automatiques, les transporteurs et les détaillants étant les clients logiques de cette activité, alors que nous ne voyons aucun lien logique entre ces sociétés et les autres métiers de Quadient (logiciels et courrier)", observe le cabinet de recherche indépendant AlphaValue. "La véritable valeur ajoutée de l’activité de Quadient dans la galaxie Kretinsky est qu’elle apporte un réseau de consignes de colis automatiques déjà établi avec des emplacements stratégiques qu’il serait autrement très coûteux de développer en interne", poursuit-il.

Cette activité de consignes pour colis, toujours déficitaire, représentait 9 % du chiffre d’affaires en 2023, et son chiffre d’affaires s’est établi à 43 millions d’euros au premier semestre 2024, en baisse de 4,7 %, en raison d’un changement de contrat commercial au Japon avec le plus grand transporteur de colis du pays, Yamato Transport.

 

Résilience

 

L’entreprise n’en poursuit pas moins sa feuille de route. Tandis que l’activité historique dans le traitement du courrier (division Mail) a fait preuve de résilience au premier semestre, avec un recul organique limité à 0,5 %, l’activité digitale poursuit son expansion. Son chiffre d’affaires s’est accru de 5,9 % en organique sur la période, et sa rentabilité progresse rapidement. "La profitabilité de notre activité Digital a fortement crû, sa marge d’Ebita ayant gagné 6 points par rapport au premier semestre 2023", à 15,7 %, a souligné Geoffrey Godet, le directeur général de Quadient.

L’enjeu est qu’elle continue son ascension pour combler l’écart qui la sépare de la marge de l’activité Mail, qui a reculé de 3,2 points au premier semestre, à 25,8 %. Pour rappel, le nouveau plan stratégique prévoit que toutes les activités convergent vers des marges d’Ebitda comprises entre 20 % et 30 %. Dans l’immédiat, le groupe a confirmé attendre un chiffre d’affaires et un résultat opérationnel courant en croissance organique sur l’ensemble de 2024. L’action Quadient reculait mardi de 1,3 % à 16,62 euros.

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