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ASML confronté à l’effondrement du débouché chinois / Tandis que la reprise dans l’industrie et l’automobile tarde à venir

L’euphorie autour de l’intelligence artificielle ne peut occulter les difficultés que traversent d’autres segments des semi-conducteurs. La publication des résultats d’ASML a révélé des commandes bien en deçà des attentes. Confronté à une reprise plus lente que prévu dans l’automobile et l’industrie, le géant néerlandais de la lithographie doit aussi composer avec l’effondrement de ses débouchés en Chine, conséquence directe des tensions sino-américaines. Le Capital Markets Day de novembre sera crucial pour évaluer les perspectives de reprise du groupe.
Le néerlandais ASML a lancé un sévère avertissement sur ses résultats 2025 - Photo by ROB ENGELAAR / ANP MAG / ANP via AFP
Le néerlandais ASML a lancé un sévère avertissement sur ses résultats 2025 - Photo by ROB ENGELAAR / ANP MAG / ANP via AFP

Le monde des semi-conducteurs ne constitue pas un tout homogène. A côté du géant américain NVidia, qui domine outrageusement le marché mondial des puces d'intelligence artificielle (IA), il est des larges pans du secteur qui se portent nettement moins bien.  

C’est ce que le géant néerlandais des équipements de semi-conducteurs a brutalement rappelé aux investisseurs mardi en présentant des perspectives bien en deçà des attentes. Avec un effet de surprise amplifié par une "erreur technique" ayant conduit à la publication de ses résultats du troisième trimestre avec un jour d’avance.

L’action ASML a dévissé mardi de 15,6%, sa plus forte baisse enregistrée en 26 ans (juin 1998), et ce membre des Granolas - l'équivalent des Magnific Seven américains, réunissant 11 poids lourds de la cote européenne - perdait mercredi un peu plus de 3% supplémentaires à la Bourse d’Amsterdam.

La raison ? L’annonce par l’entreprise de commandes moitié moindres qu’attendu par les analystes. Celles-ci se sont établies à 2,63 milliards d'euros au cours du trimestre clos fin septembre, un montant à peine supérieur aux 2,60 milliards d'euros du troisième trimestre 2023, là où le consensus des analystes visait 5,59 milliards d'euros.

Cet écart conséquent découle d'une reprise beaucoup plus lente qu'espéré dans l’automobile et l’industrie. Dans ces secteurs, le fournisseur numéro un de machines lithographique destinées à l'impression des circuits intégrés livre des clients qui ont accumulé des stocks de composants qu’ils ne parviennent pas à écouler aussi vite que prévu, en raison d'une conjoncture économique qui tarde à repartir.

 

Prudence des clients

 

"Alors que l'IA continue d'évoluer fortement et de présenter un potentiel de croissance, d'autres segments du marché mettent plus de temps à se redresser", a ainsi résumé le français Christophe Fouquet, qui dirige l’entreprise. Et "cette tendance devrait se poursuivre en 2025, ce qui conduit à la prudence des clients", a-t-il ajouté.

En conséquence, ASML prévoit maintenant de livrer l’année prochaine moins de 50 de ses machines de lithographie les plus avancées, dites "extrême ultraviolet" (EUV), qui pèsent 180 tonnes et coûtent plus de 100 millions d'euros, au lieu de 68 à 80 auparavant. L'entreprise a donc resserré sa fourchette de prévision de chiffre d’affaires. Elle prévoit désormais que ses ventes devraient s’établir entre 30 à 35 milliards d'euros, alors qu'elle estimait auparavant qu’elles pourraient s’élever jusqu'à 40 milliards de dollars. Le groupe a également revu à la baisse ses prévisions de marge brute pour l'exercice 25, dans une fourchette de 51 à 53%, contre 54 à 56% précédemment.

Un recul notamment lié à la baisse projetée des ventes en provenance de Chine, qui reste le plus gros marché du groupe, représentant 47% de ses ventes du trimestre. Or ASML s'attend à ce que ses ventes chinoises chutent à 20% de son chiffre d’affaires l’an prochain, soit une chute de revenus de 48%, la faute à la guerre des puces électroniques entre Washington et Pékin. Début septembre, les Pays-Bas ont en effet emboîté le pas aux États-Unis en annonçant un renforcement des restrictions à l'exportation de machines à puces électroniques en dehors de l'Union européenne.

Les investisseurs ont désormais les yeux tournés vers le Capital Markets Day de l’entreprise programmé mi-novembre. Celui-ci "sera essentiel pour mieux comprendre la probabilité d'une forte reprise en 2026", note les analystes de Bank of America. Avec aussi l’enjeu de la confirmation ou non de l’objectif d’un chiffre d’affaires compris entre 44 et 60 milliards à l’horizon 2030.

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