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Entreprises / Actions / Emmanuelle Menning / Veolia / Direction financière / GreenUp / Portrait

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Emmanuelle Menning / Veolia / Direction financière / GreenUp / Portrait

exclusif Comment Emmanuelle Menning veut insuffler une nouvelle énergie à la tête de la direction financière de Veolia / En faire un vecteur d’accélération à l’atteinte des objectifs du plan GreenUp

EXCLUSIF. Si la nouvelle directrice générale adjointe en charge des finances et des achats de Veolia a officiellement pris son poste le 1er septembre dernier, elle était depuis longtemps parfaitement préparée à endosser ce rôle ô combien stratégique dans la mise en œuvre du plan stratégique GreenUp, destiné à imposer définitivement le groupe français comme le leader mondial de la transformation écologique. Il faut dire qu’Emmanuelle Menning, présente dans l’entreprise depuis 2014, sait comment conduire, dans les temps et le budget impartis, des projets impactants. C’est notamment grâce à son travail que la filiale allemande de Veolia fut la première à intégralement décarboner sa production d’énergie. Portrait.
Emmanuelle Menning (crédits Veolia)
Emmanuelle Menning (crédits Veolia)

Le 7 novembre prochain, c’est une nouvelle voix qu’entendront les analystes financiers lors de la présentation des résultats trimestriels de Veolia. Complètement nouvelle ? Pas vraiment puisqu’Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances et de la direction des achats du géant de l’eau et de la gestion des déchets a depuis longtemps préparé l’évènement. "J’ai pris officiellement mon poste le 1er septembre. Un démarrage sur les chapeaux de roues puisqu’une grande partie du mois de septembre fut consacrée à des rencontres avec l’ensemble des investisseurs du groupe. J’en ai rencontré 300, et ce dans différents pays, notamment en Europe et aux Etats-Unis, des marchés clés pour Veolia ", relate-t-elle dans un entretien accordé à WanSquare. Mais la jeune femme de 44 ans a aussi eu l’occasion de s’exercer lors du dernier Deep Dive du groupe, organisé mi-octobre en Hongrie, un évènement dédié aux nouvelles solutions de l’eau et au lancement de la solution "BeyondPFAS" auquel les analystes (et WanSquare) étaient conviés.

 

À la recherche de la performance

 

Si l’annonce du départ de Claude Laruelle, après 24 ans de bons et loyaux services, avait pu étonner, ce changement, à la tête des finances du groupe dirigé par Estelle Brachlianoff, n’en était pas moins préparé. Il faut dire aussi qu’Emmanuelle Menning officiait en coulisse depuis 4 ans, comme directrice financière adjointe. "Claude Laruelle m’a passé le relais pendant les Jeux Olympiques de Paris. Ayant travaillé à ses côtés depuis 2020, avec Estelle Brachlianoff et Antoine Frérot, je mesurais déjà le formidable travail accompli par mon prédécesseur et la dynamique de performance de l’entreprise créée au fil de toutes ces années. Mon objectif aujourd’hui est donc de poursuivre ce travail tout en insufflant une nouvelle énergie afin que la direction financière de Veolia soit encore plus impactante, un vecteur d’accélération en vue de délivrer les objectifs du programme stratégique GreenUp ", explique la directrice générale adjointe en charge des finances et des achats.

De fait, Emmanuelle Menning a rejoint Veolia en 2014, après un début de carrière en audit chez Price Waterhouse Cooper, puis en conseil financier chez EY, et en banque d’investissement chez Natixis CIB. "Des expériences très formatrices qui forcent à développer une forme d’agilité. J’ai accompagné de nombreuses entreprises dans leurs problématiques comptables, ou au sortir de la crise financière de 2008, l’idée étant de rechercher de la performance et de la productivité en trouvant des solutions efficaces comme la mise en place de nouveaux départements, de procédures de contrôle, d’une stratégie ALM, la fusion des équipes de trésorerie afin d’obtenir un suivi simplifié et centralisé, etc", se souvient-elle.

 

Des débuts exemplaires chez Veolia

 

Son arrivée chez Veolia sera le fruit du hasard, Emmanuelle Menning déménageant en Allemagne pour des raisons familiales. "J’ai démarré à la direction financière de la filiale allemande de Veolia, qui à l’époque (avant le rachat de l’ex-Suez) pesait pour 8 % dans le chiffre d’affaires du groupe. Ce fut une entrée en matière passionnante car cette filiale possédait l’ensemble des métiers, l’eau, des déchets et l’énergie. Elle est en outre l’illustration parfaite d’une entité très centralisée qui coordonne néanmoins différentes problématiques locales", constate-t-elle.

Elle y débutera comme numéro deux avant de se voir confier, en 2016, la direction financière. "En 2018, j’ai encore élargi mon périmètre en prenant la direction de l’IT et des achats, et aussi des éléments opérationnels dans le secteur des déchets (Veolia est numéro deux du recyclage des déchets outre-Rhin, ndlr). Ces responsabilités m’ont permis d’être confrontée très tôt à tous les enjeux environnementaux et industriels du groupe et de développer une vision très opérationnelle", confie Emmanuelle Menning.

Et grande satisfaction pour elle, la filiale allemande fut la première de Veolia à définitivement décarboner sa production d’énergie en sortant du charbon, le tout en respectant le budget et les délais impartis et en continuant à être rentable. Un succès loin d’être acquis d’avance lorsque l’on connaît la complexité des procédures administratives et les besoins nécessaires en investissements. "Nous étions les premiers et cette réussite reste encore aujourd’hui comme l’une des fiertés de l’entreprise", se félicite-t-elle.

 

À la manœuvre sur l’OPA Suez

 

En 2020, son entrée au comité de direction de Veolia coïncide avec l’offre publique d’achat mené par le groupe sur l’ex-Suez. "Je suis rentrée en France le 1er septembre et le projet de rapprochement avec Suez avait été annoncé la veille. Ce fut pour moi une nouvelle et très belle opportunité car j’ai pu participer à toutes les étapes clés de l’opération. Il s’agit d’un moment décisif dans l’histoire de Veolia car ce rachat lui a donné une autre dimension, aussi bien du point de vue des technologies, très complémentaires à celles historiques du groupe, que géographique", rappelle Emmanuelle Menning, qui traitait alors la transaction et définissait les ambitions de synergies attendues. "La direction de Veolia était complètement impliquée dans cette opération. Ce démarrage au siège m’a donné beaucoup de confiance pour la suite. Veolia sait parfaitement préparer des parcours qui permettent un mixte entre la France et l’international, entre le siège et l’opérationnel. C’est ce qui explique aussi que nous soyons tous capables aujourd’hui de parler le même langage, quels que soient la fonction ou le pays. Nous partageons les mêmes objectifs et la même culture ", s’enthousiasme celle qui accompagnera, ces derniers mois Estelle Brachlianoff dans la préparation du plan stratégique GreenUp, dévoilé en février dernier. "Après une transaction marquante comme peut l’être l’intégration de l’ex-Suez, beaucoup d’entreprises entrent en phase de digestion. Ce n’est pas le cas de Veolia qui souhaite au contraire, avec l’énergie portée par notre directrice générale, accélérer. Dans ce contexte, mon rôle est de faire de mon département un véritable soutien à la croissance de l’entreprise, un partenaire opérationnel et une source d’idées, et pas seulement simplement un outil de reporting financier. La direction financière doit être un acteur de la performance à l’instar des autres divisions ", insiste Emmanuelle Menning.

 

De nouveaux leviers de croissance à aller chercher

 

C’est donc dans cette optique que la directrice générale adjointe en charge des finances et des achats s’est fixée (au moins) deux objectifs pour les prochains mois. Le premier : l’allocation du capital, "qui est indissociable de la création de valeur et de l’excellence opérationnelle, c’est-à-dire en allant chercher de l’efficacité, en poussant dans les géographies pour intégrer le top 3 des différents marchés si nous n’y sommes pas déjà avec un plan d’actions", précise-t-elle. Un travail très rigoureux est d’ailleurs actuellement mené sur des plans de cessions et d’acquisitions du portefeuille de Veolia. "La réflexion porte à la fois sur la séparation de certains actifs générant peu de valeur pour le groupe, ce qui pourrait nous donner des marges de manœuvre pour identifier des opportunités et aller chercher du petit M & A accrétifs", indique-t-elle.

Emmanuelle Menning nourrit aussi l’ambition de renforcer la relation de l’entreprise avec sa communauté financière. "En allant à leur rencontre en septembre, l’idée était non seulement de les écouter car ils sont l’une de nos parties prenantes, mais aussi de partager avec eux notre vision du secteur, afin qu’ils comprennent quels sont nos enjeux en tant que leader de la transformation. C’est dans ce contexte que j’ai d’ailleurs lancé une étude de perception auprès de nos investisseurs et analystes financiers, chose qui n’avait jamais été faite auparavant, afin de mieux percevoir l’image qu’ils ont de Veolia et recueillir leurs idées de leviers de croissance pour demain et après-demain", nous explique-t-elle.

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