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Les bons résultats de Sanofi confortent sa stratégie / Croissance soutenue par les vaccins et les médicaments innovants
La patience est une vertu primordiale pour tout investisseur. Tout juste un an après un plongeon historique, désormais effacé, Sanofi a signé vendredi la plus forte hausse du CAC 40, gagnant 2,5% au-delà du seuil symbolique des 100 euros. Aux yeux du marché, Sanofi n’est visiblement déjà plus ce géant pharmaceutique en panne de relais de croissance pour son médicament phare, le médicament d'immunologie Dupixent.
Les résultats du troisième trimestre, meilleurs qu’attendu, sont venus confirmer vendredi la nouvelle dynamique de l’entreprise, en passe de céder 50% sa branche de santé grand public Opella au fonds américain Clayton, Dubilier & Rice (CD&R). On se souvient que le groupe dirigé par Paul Hudson avait relevé cet été ses prévisions pour l’exercice après des résultats semestriels s’étant déjà révélés plus solides qu’anticipé.
Sanofi a dégagé un bénéfice net par action de 2,86 euros sur les trois mois de juillet à septembre, en hausse 12,2%, et même de 17,6% à taux de change constants, tandis que son chiffre d’affaires progressait de 12,3%, à 13,44 milliards d'euros (+15,7% à taux de change constants). Par comparaison, le consensus des analystes se situait à 2,49 euros pour le bénéfice par action et 12,67 milliards d’euros pour le chiffre d’affaires.
Les performances ont certes été en grande partie tirées, comme d’habitude, par le Dupixent, dont les ventes ont augmenté de 23,8% à 3,5 milliards d’euros, et qui devrait dépasser les 13 milliards d’euros de ventes cette année. Le produit poursuit sa trajectoire de croissance, toujours portée par la forte adoption de ses indications existantes (comme l’eczéma ou l’asthme sévère). Sachant qu’à l'avenir, les ventes devraient également être soutenues par sa nouvelle indication, la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive), la troisième cause de décès dans le monde sans traitement à l’heure actuelle.
Autre très bonne nouvelle, les ventes de vaccins ont grimpé de 25,5%, à 3,8 milliards d'euros, une performance largement tirée par les vaccins contre la grippe, en hausse de 11 % et le nouveau vaccin infantile contre le VRS (virus respiratoire syncytial) Beyfortus (+382%).
Mais le fait est que les nouveaux lancements de produits de ces dernières années montent en puissance. Parmi eux, le médicament contre l'hémophilie Altuviiio dont les ventes se sont envolées de 278%. Dans le myélome multiple (une forme rare de cancer du sang), Sarclisa a vu les siennes bondir de 24%, bien que concurrencé par le Darzalex de Johnson & Jonhson. Au total, huit médicaments lancés ces dernières années ont vu leur ventes progresser de 67% pour atteindre 727 millions d'euros au troisième trimestre.
"L'accord sur Opella étant sur le point d'être finalisé, les investisseurs peuvent désormais se concentrer sur l'activité pharmaceutique innovante en pleine croissance", souligne ainsi le cabinet de recherche indépendant AlphaValue. Leur attention "devrait désormais se porter sur les 12 candidats médicaments du pipeline de Sanofi (potentiellement multi-blockbusters), que l'entreprise a mis en avant lors de sa journée R&D en décembre 2023", estime-t-il.
Cette performance vient d'ailleurs conforter à posteriori le choix, alors très controversé, fait par le groupe il y a un an à peine, de mettre l’accent sur ses dépenses de R&D afin de renforcer son portefeuille de nouveaux produits. Une approche visant à soutenir la croissance organique et les marges à long terme qui semble déjà commencer à porter ses fruits.
Dans le cadre de son nouveau périmètre (c'est-à-dire en excluant l'activité de santé grand public Opella), Sanofi a confirmé sa prévision, relevée lundi à l'occasion de l'annonce de la cession d'Opella, de croissance du bénéfice net par action d "au moins" dans le bas de la fourchette à un chiffre, à taux de change constant. Une prévision plus que crédible, étant totalement alignée avec celle du consensus des analystes.
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