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OPmobility fait fi de la faiblesse du marché automobile / Des ventes qui accélèrent, soutenues par la stratégie modulaire

Là où d’autres grands équipementiers peinent à contenir la baisse de leur activité dans un environnement difficile, OPMobility, dirigé par Laurent Favre, tire parti de son agilité. L’ex-Plastic Omnium a poursuivi sa trajectoire de croissance au troisième trimestre, porté par la forte progression de sa division Modules, en particulier aux Etats-Unis, son premier marché. Une performance qui permet au groupe de rassurer en réaffirmant ses objectifs annuels.
Laurent Favre, le directeur général d'OPMobility
Laurent Favre, le directeur général d'OPMobility

La baisse de la production automobile mondiale n’est pas une fatalité pour tous les équipementiers. Tandis que Forvia et Valeo s’emploient à limiter les répercussions de la faiblesse de leur activité sur leurs marges en faisant la chasse aux coûts, OPmobility, le troisième plus grand acteur français du secteur, tire véritablement son épingle du jeu.

Non seulement les ventes du groupe dirigé par Laurent Favre ont continué de croître sur la période, mais leur trajectoire s’est même accélérée. Sur les trois mois de juillet à septembre 2024, le chiffre d’affaires de l’ex-Plastic Omnium a progressé de 2,9% sur un an, pour s’élever à 2,46 milliards d'euros, avec une hausse qui atteint 3,9% à périmètre et taux de change constants.

Mieux, le chiffre d’affaires économique, qui inclut la contribution des coentreprises à hauteur du pourcentage de détention, a augmenté de 3,6%, à 2,75 milliards d’euros. Ce qui, comparé à la baisse de 4,8% enregistrée sur la période par la production automobile mondiale, selon les données de S&P Global Mobility, traduit une importante surperformance de 9,5 points.

 

Un effet Tesla

 

Pour l’expliquer, force est de constater la forte progression de 22,8% (23,7% à périmètre et taux de change constants) du chiffre d’affaires économique du segment Modules. La stratégie modulaire est un domaine très spécifique du métier d’équipementier dans lequel l’ex-Plastic Omnium a eu depuis longtemps une approche que l’on peut qualifier de visionnaire.

Dès 1999, l’entreprise alors spécialisée notamment dans les pare-chocs et les faces avant de voitures, s’était alliée aux deux équipementiers allemands Hella et Behr pour créer une société commune baptisée "HBPO", afin de fournir aux constructeurs des "modules blocs avant", soit des ensembles complets intégrant notamment les pare-chocs et les systèmes d’éclairage et de refroidissement du moteur.

Avec le temps, ces modules se sont complexifiés, intégrant les radars et les capteurs d'aide à la conduite pour devenir une carrosserie intelligente modulaire face aux enjeux technologiques de la voiture autonome et connectée de demain. Une activité que le groupe français a finalement décidé de contrôler totalement il y a deux ans.

Montée en 2018 à 66,6% du capital de HBPO, l’entreprise a bouclé en 2022 l’acquisition de 100% de sa filiale en rachetant la participation de 33,3% de Hella. Cette pleine propriété de HBPO s’inscrit dans la stratégie de Plastic Omnium d’augmenter la valeur ajoutée par véhicule en développant de nouveaux modules et systèmes tout en tirant parti de la demande croissante pour les véhicules électriques.

Ce n’est donc pas un hasard si la forte hausse de l’activité Modules au troisième trimestre 2024 s’explique principalement, indique le groupe, par "la solide croissance des volumes de modules assemblés dans l’usine d’Austin au Texas pour un acteur majeur américain de la mobilité électrique". Sachant qu’elle profite aussi de l’augmentation des volumes pour des constructeurs européens en Slovaquie et en République Tchèque. Plus précisément, l’activité est "portée par les lancements récents chez Tesla et Volkswagen", note le cabinet Oddo BHF.

 

L'Amérique du Nord impressionne

 

Au-delà des modules, les deux autres activités, les Systèmes extérieurs (qui regroupent la fabrications d'ensembles de carrosserie et l'éclairage) et Powertrain (systèmes d’énergie et de dépollution, et activité de batteries et de systèmes d’électrification), bien qu’en retrait de 2,5% et 1,8% respectivement à taux de change et périmètre constants, ont également surperformé leurs marchés.

Par ailleurs, toutes les régions dans lesquelles le groupe est présent sont en croissance. "La performance du groupe est impressionnante à nos yeux en Europe et en Amérique du Nord", soulignent à cet égard les analystes de TP Icap Midcap, les Etats-Unis constituant le premier marché d'OPmobility.

"Cette solide performance démontre la force de notre modèle économique, mais aussi l’agilité et la mobilisation de nos équipes qui ont su s’adapter à un marché marqué par des baisses importantes de volumes", a souligné Laurent Favre. Elle permet aussi au groupe de confirmer ses objectifs pour l’année : les dirigeants prévoient toujours de surperformer la production automobile mondiale tout en améliorant la marge opérationnelle, le résultat net, et le flux de trésorerie disponible. La dette nette devrait aussi reculer. Soit, résume Oddo BHF, une publication et un exercice qui "devraient parfaitement refléter les atouts de OPmobility dans un contexte difficile, que ce soit sur le plan commercial mais aussi des coûts et de la discipline financière". Des qualités saluées par les investisseurs. A la Bourse de Paris, l'action OPmobility gagnait 6% lundi, à 9,55 euros.

 

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