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Déception toute relative pour BNP Paribas après de solides résultats / La montée en puissance du pôle IPS se poursuit
Les banques font le grand écart jeudi à la Bourse de Paris, entre Société Générale qui gagne près de 8% en tête du CAC 40, alors que BNP Paribas, d’une manière assez inhabituelle, se retrouve lanterne rouge, cédant 5% à 62,5 euros. Que s’est-il donc passé au cours du troisième trimestre 2024 de la première banque de la zone euro pour que ses résultats soient sanctionnés de cette manière ?
La réaction peut sembler d’autant plus surprenante que le bénéfice net de l’établissement dirigé par Jean-Laurent Bonnafé s’est avéré conforme aux anticipations en s’établissant à 2,87 milliards d’euros, en hausse de 5,9% par rapport à l’année précédente, là où le consensus des analystes tablait sur 2,86 milliards d’euros.
Si l’on s’intéresse au résultat d’exploitation, celui-ci s’inscrit à 3,96 milliards d’euros, soit 2% de plus que le consensus, une performance "obtenue grâce à un niveau de provisions en dessous des prévisions et un coût du risque de 32 points de base", inférieur à la limite de 40 points de base que le groupe s’est fixée sur la durée de son plan 2022-2025, observent les analystes d’UBS.
Il n’y a pas de déconvenue apparente non plus sur le plan des revenus. Le produit net bancaire a progressé de 2,7% par rapport à la même période de l’année précédente, s’établissant à 11,94 milliards d'euros, soit peu ou prou le montant anticipé de 11,93 milliards d'euros.
La banque de détail belge en retrait
La déception peut se lire en creux néanmoins. BNP Paribas a donné l’habitude de performances supérieures aux anticipations, comme lors de la publication des résultats du deuxième trimestre cet été. Or cette fois-ci ce n’est pas le cas.
L’analyse par division suscite de plus certains commentaires critiques. Dans le pôle CBPS (Commercial, Personal Banking & Services), "les revenus de la banque de détail française restent faibles et ceux de la banque de détail belge ont manqué le consensus de 5%, chutant de 9% en glissement annuel en raison d'une compression des marges probablement liée à la concurrence des dépôts", note Jefferies. Le pôle CBPS a dégagé un résultat avant impôts de 1,87 milliard d’euros au cours du trimestre écoulé, en recul de 3%.
"Les services spécialisés n'ont pas été à la hauteur des attentes", souligne également le courtier. Le produit net bancaire combiné de la filiale de location de voitures Arval et de Leasing Solutions, a diminué de 10,6%, à 857 millions d’euros, pénalisé par l’évolution du prix des véhicules d’occasion chez Arval.
Point d'inflexion pour les revenus d'intérêt
Des points plus positifs méritent cependant d’être soulignés. En particulier, les revenus d’intérêt en France, en Italie et au Luxembourg se sont améliorés de 1,7%, 2,9% et 2,5% respectivement. Le point d’inflexion tant attendu dans ce domaine semble ainsi en passe d’être franchi dans l’Hexagone.
Si la tradition française en faveur des prêts immobiliers à taux fixe a constitué un handicap en période de hausse des taux, la réévaluation de l’actif se produit au fur et à mesure de l'émission de nouveaux prêts. En favorisant la production de prêts, immobiliers en particulier, la baisse des taux enclenchée par la Banque centrale européenne (BCE) favorise les revenus nets d’intérêt. Tandis que du côté des dépôts, la situation a été figée l'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire avec un taux du Livret qui restera à 3 % jusqu'à fin janvier 2025.
Les choses devraient ainsi continuer en s’améliorant pour les banques commerciales avec la pentification de la courbe des taux. "Notre activité de banque commerciale et de banque de particuliers devrait progressivement bénéficier de l'évolution positive de l'environnement des taux", résume ainsi Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas.
La performance du pôle CIB (Corporate and Institutionnal banking), malgré des revenus en hausse de 9% à 4,25 milliards d’euros, n’emporte pas non plus une adhésion totale. "Nous nous attendions à mieux", note encore une fois Jefferies, déçu notamment par la hausse de 13,2% des revenus Equity & Prime, alors que le courtier anticipait une progression de 20%. De son côté, Bank of America préfère souligner les gains de parts de marché réalisés dans les trois activités Global Banking, Global Markets et Securities Services.
L'objectif annuel de résultat largement à portée
L’appréciation de 4,9% du produit net bancaire du pôle Investment & Protection Services (IPS), à 1,49 milliard d’euros, s’avère unanimement bien perçue en revanche. Elle reflète l’accent mis par la direction de la banque pour développer cette division. Ces activités ont été renforcée grâce à l'acquisition récente de la coentreprise d'assurance-vie Neuflize Vie et à l'acquisition d'une participation dans l'assureur belge Ageas et dans le réassureur français Scor.
En juillet, BNP Paribas est entré en négociations exclusives pour racheter la branche gestion d'investissement de l'assureur Axa, "une initiative majeure qui repositionne stratégiquement IPS au sein du groupe", souligne Jean-Laurent Bonnafé, sachant que le mois dernier, la banque a également annoncé l'acquisition des activités de banque privée de HSBC en Allemagne.
Autant d’opérations qui préparent ainsi le terrain pour 2025, tandis qu’à court terme, les résultats du troisième trimestre 2024 devraient permettre à l’objectif de bénéfice net de BNP Paribas de plus de 11,2 milliards d'euros d’être "largement dépassé" en 2024, estime Bank of America.
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