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Avec Aramco, la coentreprise Horse Powertrain est désormais au complet / Et bénéficie d'un savoir-faire crucial en carburants de synthèse

En signant un accord pour acquérir 10 % de la coentreprise « Horse Powertrain », Aramco vient compléter le duo Renault-Geely, apportant son expertise dans les carburants alternatifs. Cette collaboration ouvre la voie à des solutions hybrides et thermiques de plus en plus performantes, tout en soutenant la stratégie de décarbonation du constructeur français.
Aramco a rejoint la coentreprise Horse Powertrain déjà formée par Renault et Geely dans les motorisations hybrides et termiques
Aramco a rejoint la coentreprise Horse Powertrain déjà formée par Renault et Geely dans les motorisations hybrides et termiques

La question était brièvement demeurée en suspens plus tôt cette année. La présence de la plus grande entreprise pétrolière nationale d’Arabie Saoudite était prévue dès le départ lorsque les bases du projet "Horse Powertrain Limited" avaient été posées en 2023. Si bien que son absence avait été remarquée lorsque Renault et Geely, le premier constructeur automobile de l’Empire du Milieu (propriétaire de marques emblématiques telles que Volvo, Polestar, Lotus, et Lynk & Co), avaient officiellement créé leur coentreprise en mai dernier. L’attente n’avait duré qu’un mois. Fin juin, Aramco signait des accords définitifs pour acquérir une participation de 10 % dans Horse Powertrain, valorisant la coentreprise à 7,4 milliards d’euros, étant prévu que Renault et Geely conservent chacun 45 % du capital. 

C’est cet accord qui vient d’être bouclé. Aramco a finalisé l’acquisition de sa participation de 10 % au capital de cette coentreprise qui porte les ambitions de Renault dans le domaine des technologies de groupes motopropulseurs hybrides et thermiques, ont annoncé lundi les deux groupes. Cet aspect capitalistique a son importance, en aidant notamment à valoriser Horse Powertrain. Il s’inscrit ainsi dans la droite ligne du plan de transformation de Renault visant toujours à optimiser l’allocation du capital, comme le constructeur a pu le faire aussi par exemple avec son écurie de Formule 1, Alpine F1, dont il a ouvert l’an dernier le tour de table à des investisseurs.

 

Carburants synthétiques

 

Mais cet aspect n’est pas le seul à prendre en compte dans la participation d’Aramco au projet. Avoir dans son équipe le premier producteur mondial de pétrole, disposant de son expertise pointue dans les carburants alternatifs et de synthèse, est assurément un atout. Aramco mène en effet dans ce domaine des initiatives telles que la production de carburants synthétiques via le CO₂ capturé, explorant aussi des solutions innovantes pour recycler des déchets organiques et non organiques en carburants. Des savoir-faire qui font de la major saoudienne "le partenaire idéal pour nous permettre de fournir des solutions en matière de groupes motopropulseurs à faibles émissions", a souligné Matias Giannini, le directeur général de Horse Powertrain.

En termes stratégique, aux côtés d'Ampère, la filiale dédiée à l'électrique et véritable fer de lance de la stratégie de Renault, qui connaît un franc succès avec ses modèles Renault 5 et Scenic - respectivement premier et quatrième au palmarès des immatriculations de véhicules électriques en novembre en France - il convient de considérer Horse Powertrain comme une initiative complémentaire. Alors que Renault met le cap sur l’électrification, Horse Powertrain permet de réduire l’exposition du constructeur français (et de son partenaire chinois, Geely) aux motorisations thermiques, voués à une extinction plus ou moins rapide. En parallèle de ses ambitions électriques, Renault doit intégrer la durabilité des moteurs thermiques, qui continueront de représenter une part importante des ventes mondiales dans les années à venir.

Or, les technologies hybrides et les carburants alternatifs, comme les biocarburants et les carburants synthétiques, font figure de solutions intermédiaires vers la décarbonation. D’où le choix des deux partenaires, puisque Geely est réputé dans le domaine des motorisations hybrides, tandis qu’en s’alliant avec un expert des carburants de synthèse comme Aramco, Renault s’ouvre à de nouvelles solutions pour réduire les émissions de ses véhicules thermiques. Ces technologies offrent non seulement un moyen de décarboner une part importante du parc automobile, mais aussi une réponse aux besoins spécifiques de certains marchés en développement, où la transition vers une mobilité 100 % électrique pourrait se réaliser sur un horizon plus long.

 

Gains d'efficacité

 

Les avantages sont aussi financiers. "L'entreprise commune permet à ses propriétaires d'économiser le capital nécessaire à l'entretien de la technologie des moteurs thermiques (ICE), soit probablement 0,45 milliard d'euros de dépenses d’investissement et de R&D par an pour Renault uniquement", estiment les analystes de Stifel. Autres atouts, Horse Powertrain devrait permettre de réaliser des gains d'efficacité dès la deuxième année, en fournissant des groupes motopropulseurs ICE/hybrides à des coûts plus compétitifs qu’en les produisant en interne. Et à terme, la coentreprises devrait finir par verser des dividendes.

En attendant, s’agissant de la gouvernance, le conseil d’administration de Horse Powertrain est désormais composé de sept membres, avec trois administrateurs issus de Renault (François Provost , le directeur des achats des partenariats et des affaires publiques, Thierry Charvet, le directeur industriel et qualité, et Denis Le Vot, le directeur général de Dacia et directeur logistique de Renault), trois administrateurs issus de Geely, et un administrateur issu d’Aramco.

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