WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Sopra Steria

Entreprises / Actions
Sopra Steria

Sopra Steria veut dépasser les 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires / La croissance externe comme levier, mais l'incertitude économique pèse à court terme

Sopra Steria mise sur les acquisitions et la poursuite de sa transformation vers le conseil et le digital pour dépasser les 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2028. Mais dans un contexte économique français difficile, la prudence de ses objectifs fait douter les investisseurs.
Cyril Malargé, le directeur général de Sopra Steria
Cyril Malargé, le directeur général de Sopra Steria

Ce n’est pas parce qu’Atos, ancien joyau de l’écosystème numérique français, enchaîne les déboires que ses homologues tricolores, plus petits mais bien mieux gérés, ne savent pas tirer leur épingle du jeu. La preuve : il y a dix ans, Steria, plutôt que de céder aux avances d’Atos (que dirigeait alors Thierry Breton), avait décidé de fusionner avec Sopra. Un choix structurant qui a porté ses fruits jusqu’ici, propulsant Sopra Steria dans une toute autre dimension.

Forte d’un chiffre d’affaires de 5,8 milliards d’euros en 2023 (dont 2,4 milliards d’euros), l’entreprise dirigée par Cyril Malargé a accédé l’an dernier à la deuxième place des principales ESN françaises, indique le dernier classement réalisé par par KPMG et Numeum.

En 2024 cependant, le groupe n’a pu totalement échapper au contexte macroéconomique mitigé et aux déboires des secteurs automobiles et aéronautiques. En témoigne la croissance nulle du troisième trimestre avec une légère décroissance organique anticipée au quatrième trimestre.

C’est dans cet environnement incertain que le groupe tenait ce jeudi le premier Capital Markets Day de son histoire, très attendu par les analystes et investisseurs. L’occasion pour le groupe de mettre en lumière sa stratégie méthodique de croissance externe et ses ambitions de croître plus vite que le marché.

Mais l’accueil des marchés s’avère pour le moins réservé, avec un titre Sopra Steria qui chutait de plus de 8%, à 169 euros jeudi après-midi, l’exercice de communication n’ayant visiblement pas convaincu au vu d’objectifs jugés prudents, en particulier à court terme.

 

Trajectoire "réaliste"

 

L’ambition de Sopra Steria est de dépasser 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2028, d’une part grâce à une croissance organique de 2% à 5% par an après 2025, mais en s’appuyant aussi sur un important volet M&A, avec l'objectif d'investir 1 milliard d'euros d'ici 2028 dans des acquisitions pour soutenir la croissance, de sorte que l’activité devrait progresser de 6% par an en moyenne.

En termes de rentabilité, la marge opérationnelle est visée entre 10% et 11% au même horizon, contre 9,4% réalisés en 2023 et plus de 9,7% attendus en 2024. Et le flux de trésorerie disponible (free cash-flow) devrait représenter 5% à 7% du chiffre d'affaires.

Soit, une trajectoire qui "apparait réaliste, mais sans surprise majeure", observent les analystes d’Invest Securities. Les orientations, ne sont pas, "en elles-mêmes, inférieures aux attentes du marché, sachant qu'il est tout à fait sain que le groupe veuille prendre en compte les cycles macroéconomiques possibles", mais " l'effet d'annonce est assez mitigé", relève pour sa part le cabinet Oddo BHF.

Par comparaison, le groupe visait auparavant une croissance organique de 4 % à 6 % sur le moyen terme, à la différence que cette prévision avait alors été formulée dans dans un environnement macroéconomique dynamique. En ce qui concerne la marge opérationnelle et le free cash-flow, "la partie inférieure des objectifs est vraiment prudente ", ajoute cependant Oddo BHF, sachant néanmoins que le groupe essaie généralement de dépasser ses ambitions.

Ce qui pèse le plus dans la perception des investisseurs est logiquement l’incertitude entourant les perspectives de l’année prochaine, vu le contexte économique, et politique, la France étant le premier marché du groupe. Même s'il faut avoir à l'esprit que la société y a renforcé sa résilience, notamment en se renforçant sur des services à plus forte valeur ajoutée. A l'image du rachat en 2022 de CS Group, entreprise d'ingénierie informatique au service de la défense, du spatial et des systèmes critiques. 

 

Nouvelle année de transition

 

Pour autant, Sopra Steria ne se risque tout simplement pas à donner d’indications sur 2025 qui s’annonce comme une nouvelle année de transition.

Dans ce contexte où la reprise ne devrait pas se faire sentir de manière significative avant 2026, "on ne va pas se disperser, notre terrain de jeu, c’est l’Europe", a souligné Cyril Malargé, le directeur général, devant les investisseurs. Le groupe va continuer de s'appuyer sur les cinq grandes zones géographiques où son chiffre d'affaires dépasse le milliard d'euros. La France, évidemment, "le vaisseau amiral", a rappelé le dirigeant, mais aussi le Royaume-Uni, le Benelux, la Scandinavie et l'Allemagne.

Au-delà des purs indicateurs financiers, la nouvelle feuille de route de l’entreprise prévoit la poursuite de la transformation de ses métiers. "Nous allons doubler la taille de l'activité conseil qui représentera 12% du chiffre d'affaires", a souligné Cyril Malargé, tandis que ce renforcement s'accompagnera d'une montée en puissance dans le digital, qui devrait constituer 60 % du chiffre d'affaires d’ici quatre ans.

Ce faisant, le profil Sopra Steria en 2028 sera "structurellement plus performant", promet le dirigeant. Un message noyé dans les incertitudes économiques actuelles, mais qui pourrait devenir davantage audible lorsque la situation commencera à se clarifier.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article