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Entreprises / Actions / Sopra Steria / Ordina / Etienne du Vignau / Cyril Malargé / services numériques / ESN

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Sopra Steria / Ordina / Etienne du Vignau / Cyril Malargé / services numériques / ESN

Sopra Steria met les bouchées doubles au Benelux / Une OPA amicale qui renforce l’exposition aux services financiers

En mettant la main sur l’entreprise de services du numérique néerlandaise Ordina pour 518 millions d’euros, Sopra Steria accélère sa stratégie de recherche de la taille critique dans les pays clés de l’Europe du Nord. Tout en équilibrant le portefeuille géographique du groupe, l’opération aura un effet immédiatement positif sur sa rentabilité.
Sopra Steria va lancer une OPA amicale sur Ordina - Laurent GRANDGUILLOT/REA
Sopra Steria va lancer une OPA amicale sur Ordina - Laurent GRANDGUILLOT/REA

La croissance externe s’accélère chez Sopra Steria. Coup sur coup, le numéro deux français des services numériques derrière Capgemini vient de réaliser trois acquisitions en moins d’un mois. D’abord la prise fin février d’une participation majoritaire de 75 % dans CS Group - anciennement CS Communication & Systèmes -, entreprise d’ingénierie informatique au service de la défense, du spatial et des systèmes critiques. Puis début mars, le groupe a mis la main sur Tobiana, l’un des principaux acteurs du stratégique marché belge, riche en grands comptes du secteur privé (notamment des services financiers), du secteur public et de la présence des institutions européennes.

Le groupe, dont Cyril Malargé a repris les commandes il y a un peu plus d’un an, s’apprête maintenant à racheter son concurrent néerlandais Ordina, pour 518 millions d’euros. Le protocole d’accord révélé mercredi par les deux sociétés prévoit une transaction sous la forme d’une offre publique d’achat (OPA) amicale, les actions Ordina étant cotées à la Bourse d’Amsterdam.

L’opération va renforcer encore davantage la présence de Sopra Steria au Benelux où le chiffre d’affaires combiné des deux entreprises atteint 700 millions d’euros, ce qui hisserait le groupe français "proche du top 10" dans le pays, a indiqué Cyril Malargé lors d’un webcast.

Pourquoi le Benelux ? Le marché des services du numérique y représente un potentiel important. "Il était évalué à 31 milliards en 2022 pour 28 millions d’habitants, sa croissance est estimée à 8 % pour les trois prochaines années. La taille de ce marché, le poids des donneurs d’ordres du secteur public et des services financiers avec la présence de plusieurs banques d’envergure mondiale et des institutions européennes, font de cette zone géographique un axe de développement majeur pour Sopra Steria", a expliqué le dirigeant.

 

Contribution positive aux résultats

 

Il s’avère donc important d’y atteindre une masse critique afin de renforcer d’une part le caractère stratégique de la relation avec les clients les plus stratégiques. D’autant que cela améliore aussi la capacité à recruter les talents localement.

Sur une base proforma, en supposant l’intégration immédiate de ces trois dernières acquisitions, le Benelux deviendrait ainsi la troisième zone géographique pour Sopra Steria avec 11 % du chiffre d’affaires, derrière les 39 % de la France et les 15 % réalisés au Royaume-Uni.

Autre avantage, avec cette opération, Sopra Steria renforce sensiblement son exposition au secteur public et aux services financiers, dans lesquels Ordina réalise 43 % et 26 % respectivement de son activité.

D’ailleurs, "le rapprochement de nos deux sociétés sera sources de complémentarité significative tant du point de vue commercial que du point de vue opérationnel", a indiqué de son côté Etienne du Vignau, le directeur financier de l’entreprise. Le groupe français vise, en année pleine sur une base récurrente, environ 10 millions d’euros de synergies de complémentarités opérationnelles d’ici deux ans. Il s’attend d’ailleurs à ce que l’acquisition d’Ordina contribue immédiatement à ses résultats avec un effet positif de 1,2 % sur son bénéfice net par action dès 2024, puis de 3,7 % en 2025.

Tandis que l’opération devrait être bouclée dans le courant du second semestre, le groupe pourrait marquer une légère pause dans sa croissance externe à court terme. Le temps de "digérer les acquisitions annoncées et de sécuriser leur intégration", a indiqué Etienne du Vignau. Ce qui ne l’empêchera pas de rester dans le même temps "attentif aux opportunités du marché en restant focalisés sur notre stratégie de M & A de petites acquisitions qui pourraient venir renforcer des expertises et des positionnements sectoriels ou géographiques intéressants", a-t-il ajouté.

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