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Capgemini voit plus clair
Capgemini a montré au premier trimestre l’effet amortisseur de la technologie sur les effets économiques de la crise sanitaire ; il a confirmé hier à l’occasion de l’annonce de ses comptes du premier semestre tout le bien-fondé de sa politique de croissance externe, qui lui a permis de publier des résultats globalement flatteurs.
Dernier membre du CAC 40 à publier, le géant des services numériques a certes été affecté par les conséquences du confinement, mais il a jugé qu’il voyait suffisamment clair pour fournir de nouveaux objectifs pour l’année : ces derniers s’inscrivent certes en baisse par rapport à 2019, mais la plupart des groupes cotés ont renoncé à se livrer à un tel exercice. A l’occasion de la sortie de ses comptes du premier trimestre, fin avril, il avait renoncé à établir des prévisions.
Mais Capgemini, qui vient de digérer le groupe d’ingénierie externalisée Altran, "anticipe pour le deuxième semestre 2020 un redressement progressif de son niveau d’activité par rapport au deuxième trimestre". Pour l’ensemble de l’année, il prévoit désormais une croissance de chiffre d'affaires comprise entre 12,5% et 14% à change constants, avec une contribution des acquisitions estimée à 17% du montant. Ce qui correspond à un repli organique (sans intégrer Altran) compris entre 4,5% et 3%.
Capgemini prévoit par ailleurs une marge opérationnelle comprise entre 11,4 et 11,7%, soit un repli de 0,6 à 0,9 point de base (pb) par rapport aux 12,3% atteints en 2019. En février dernier, il anticipait une fourchette entre 12,4 et 12,6%. Le groupe prévoit par ailleurs de générer un flux de trésorerie organique supérieur à 900 millions d'euros – il visait 1,2 milliard avant que la crise sanitaire n’éclate.
Si Altran risque de peser à court, voire moyen termes sur les comptes de Capgemini en raison de son exposition aux secteurs automobile et aéronautique (qui comptent parmi les plus touchés par la crise actuelle et les plus longs à rebondir), la consolidation de trois mois de résultats a permis au groupe dirigé par Aiman Ezzat d’enregistrer une hausse de 8% de ses revenus au premier semestre, à 7,5 milliards d’euros. Sans cette intégration, ils auraient reculé de 3,4% au cours de cette période. L’évolution des prises de commandes – malgré une activité économique mondiale quasiment à l’arrêt – est à l’avenant : elles progressent de plus de 10% à 7,84 milliards d’euros (grâce à un bond de 19% au deuxième trimestre).
Curieusement, Altran (dont les activités ont intégré la division Opérations & Ingénierie) a relativement moins souffert par rapport à ses concurrents que le périmètre de Capgemini stricto sensu. Un constat qui vient appuyer le bien-fondé de son acquisition. Et sans la multiplication par 2,4 de ses charges opérationnelles (à 241 millions d’euros) provoquée par l’intégration d’Altran, Capgemini aurait affiché un résultat d’exploitation en hausse ; au lieu de quoi il chute de 12% à 577 millions.
En revanche, si la "marge opérationnelle" du groupe progresse de 3% (à 818 millions d’euros), ses dirigeants ne le doivent qu’à eux-mêmes, sous la forme d’une politique énergique d’économies et de baisses de coûts. Mais la hausse importante des revenus a mécaniquement fait reculer le taux rapporté au chiffre d’affaires à 10,8% (contre 11,4% un an plus tôt).
Autre élément rassurant, Capgemini a confirmé les synergies de coûts et d'amélioration opérationnelle. Il les a chiffrées entre 70 et 100 millions d'euros avant impôts en année pleine dans un horizon de trois ans. Il a estimé être en mesure d'atteindre les deux tiers de ces synergies en année pleine d'ici à juin 2021. Premiers signes de synergies commerciales, Aiman Ezzat annoncera des offres communes Capgemini/Altran dans la technologie 5G dans les semaines à venir.
Entant donné que le groupe a publié des comptes en ligne, voire légèrement supérieurs aux anticipations moyennes des analystes, et qu’il leur a donné du grain à moudre (ainsi qu’aux investisseurs), le marché a réagi positivement. L’action Capgemini a affiché une croissance supérieure à 2% quasiment toute la séance, établissant même un record historique de 121,65 euros, avant de réduire ses gains à 0,2% à la clôture. Le titre a progressé de 9,1% depuis le début de l’année.
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