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Feuilleton de l'été / Fanny Letier / Bpifrance

Feuilleton de l'été
Fanny Letier / Bpifrance

Fanny Letier : coach PME chez Bpifrance

La directrice fonds propres PME de la banque d'investissement a également en charge l'accompagnement des entreprises depuis mars 2015. Passée par le Trésor ou encore le ministère du Redressement Productif, elle connaît les faiblesses mais mise surtout sur les forces du tissu économique.
Fanny Letier
Fanny Letier

Fanny Letier est née dans les Hauts-de-France. Ce territoire, jonché d'usines et de mines, a forgé une partie des convictions de la directrice fonds propres PME de Bpifrance. Parmi celles-ci : la possibilité d'enrayer le mouvement de désindustrialisation. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si dans sa carrière, elle est passée par le ministère du Redressement Productif. Membre du comité exécutif de la banque publique depuis un an et demi, Fanny Letier s'attelle tous les jours à soutenir les entrepreneurs, via des moyens financiers mais aussi en leur prodiguant des conseils. Elle estime que chaque région de l'Hexagone regorge de pépites à exploiter. Et, pour Fanny Letier, la banque publique d'investissement est l'outil par excellence pour mener à bien sa mission de "coach". "Bpifrance c'est le meilleur du public, le meilleur du privé, le tout dans une banque", scande ainsi la jeune femme de 37 ans, qui a reçu en fin d’année dernière le prix Etienne Marcel d'Honneur 2016 pour son action en faveur des PME.

Fanny Letier a débuté ses études à Sciences Po Paris, avant de finalement passer l'ENA. "Ce qui comptait pour moi était de servir mon pays", justifie l'intéressée, qui fait ainsi partie de la fameuse promotion Léopold Senghor (2004). Elle a ensuite intégré le Trésor où elle a planché sur la régulation des assurances, avant de rallier ensuite Bruxelles en 2008. A l'époque, Christine Lagarde prenait la tête du conseil Ecofin. "Nous avions préparé un programme pendant trois ans, mais nous avons eu un 'petit imprévu' : la chute de Lehman Brothers. Nous avons alors déchiré nos petits papiers et tout recommencé à zéro." Pendant six mois, Fanny Letier travaille ainsi sur le plan d'action en réaction à la crise financière. "J’ai compris mon envie d’avoir des fonctions qui me permettent d'avoir un impact réel sur la croissance et l'emploi dans mon pays." Cependant, la jeune femme note que les règles définies au niveau européen à cette période ne sont pour beaucoup entrées en vigueur que deux à cinq ans plus tard.

Puis en 2009, Fanny Letier demande à Ramon Fernandez, directeur du Trésor, de prendre la relève du secrétariat général du Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), dont la mission est d'aider les entreprises en difficulté. Son job, pendant trois ans, consiste alors à trouver des solutions confidentielles et à l'amiable pour des sociétés dans la tourmente, mais qui ne sont pas encore en restructuration collective. Elle a ainsi traité 80 dossiers par an pendant trois ans, avec un taux de succès de 90%. "C'est un bon laboratoire pour comprendre où sont les forces et les faiblesses du tissu économique", explique l’intéressée. Fanny Letier y garde de très bons souvenirs, notamment celui d'avoir trouvé un accord à 3 heures du matin pour sauver une firme qui comptait 3 000 salariés, et ce alors même qu'elle était à deux semaines de son accouchement ! En 2012, elle arrive au ministère du Redressement Productif, sous la houlette d’Arnaud Montebourg, en tant que directrice adjointe de cabinet, auprès de Stéphane Israël, actuel PDG d'Arianespace.

C'est là qu'elle travaillera notamment sur la loi de création de Bpifrance. Fanny Letier sautera sur l'occasion pour rejoindre en 2013 l'établissement né des fusions d'Oseo, de la Caisse des Dépôts et du FSI. "J'ai eu très envie de passer du défensif à l'offensif en accompagnant le développement des entreprises", affirme-t-elle. Son credo chez Bpifrance ? Le pragmatisme. Notre interlocutrice estime que ses actions doivent être ciblées, rapides, concrètes et efficaces. Elle s'est d'abord attelée au développement des produits de BPI en région afin d'accélérer la croissance des PME, notamment par le biais de fonds propres. Elle est aujourd'hui à la tête de 500 participations dont elle parle comme de ses petits. Il y a neuf mois, elle a également pris en charge le métier de l'accompagnement. "Pour faire face aux évolutions rapides, comme celles de la concurrence ou du numérique, il faut faire en sorte que les entrepreneurs puissent prendre du recul. Je crois beaucoup au fait que l'on puisse muscler les entreprises en structurant mieux leur gouvernance".

Pour ce faire, ses équipes analysent les forces et les faiblesses des firmes. Fanny Letier fait également travailler des consultants free-lance qui viennent en appui sur des missions très précises. En outre, elle met en relation les jeunes entreprises innovantes et les plus grandes entreprises. Bpifrance a également créé des accélérateurs de croissance pour les start-up, les PME et les ETI. Ces derniers proposent notamment des formations aux dirigeants. Fanny Letier aimerait démultiplier ces mécanismes en région et même créer un label afin que toutes les entreprises passées par eux puissent asseoir leur légitimité. La jeune femme a, de surcroît, comme nouvelle marotte la transformation digitale pour les PME et les ETI, et entend bien en faire un mot d'ordre pour l'année à venir.

Si chez Bpifrance, tout est plus rapide que dans les grands appareils de l'Etat, Fanny Letier n'oublie pas pour autant ses anciens bureaux. "Nous essayons de servir de courroie de transmission pour faire remonter les demandes d’évolution au gouvernement. Bpifrance est une bonne passerelle entre le public et le privé", note Fanny Letier. D'un point de vue personnel, cette mère de deux enfants est aussi exigeante envers elle-même. "Des entrepreneurs m'ont demandée de courir le marathon de New York. Je les fais coacher, il est donc normal que moi aussi j'essaie de dépasser mes limites", s'amuse-t-elle. Fanny Letier pratique également le tennis : "J'aime bien l'idée de renvoyer la balle !".

 

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