Bpifrance : Guillaume Mortelier, accompagnateur d'entreprises
Bpifrance met en place une nouvelle direction exécutive. Cette dernière, qui se concentrera sur l’accompagnement des entreprises, a été confiée à Guillaume Mortelier. Jusqu’à cet été, c’est Fanny Letier - qui se lance dans une aventure privée - qui s’occupait de l’accompagnement et des fonds propres PME. En dédiant une direction, qui est de fait représentée au comité exécutif de la banque publique d’investissement, Bpifrance affiche sa volonté d’accroître ses moyens pour répondre à un besoin non-financier des entrepreneurs. "Nous sommes dans une phase de passage à l’échelle tout en faisant du sur-mesure", précise Guillaume Mortelier, qui ajoute que des experts de l’accompagnement sont en cours de déploiement au sein du réseau régional de la banque publique.
"Dès son lancement, Bpifrance a souhaité développer des dispositifs d’accompagnement des entreprises. Ces derniers ont été implantés au sein de plusieurs directions. Nous souhaitons démultiplier leur utilisation et pousser ceux qui ont démontrés leur efficacité, c’est pourquoi ils sont dorénavant centralisés au sein d’une direction exécutive de l’Accompagnement", rapporte Guillaume Mortelier. Ce dernier n’a pas été choisi par hasard. En effet, il a lui-même été investisseur et ainsi administrateur de sociétés. "J’ai toujours évolué dans l’écosystème d’accompagnement d’entreprises : quand on est investisseur, on accompagne", rappelle celui qui a travaillé pour le fonds Astorg Partners, où il a réalisé des investissements en fonds propres dans des ETI françaises, et pour Proparco, où il se concentrait sur des entreprises à l’étranger.
Cet X-Ponts de 40 ans a commencé sa carrière en cabinet de conseil en stratégie. Chez Bain & Company, il a œuvré à Paris mais aussi à San Francisco, où il a mené des missions de développement d’entreprises en Europe et en Amérique du Nord. Or, l’un des trois piliers de l’accompagnement des sociétés chez Bpifrance relève du conseil. "Nous proposons aux entrepreneurs d’effectuer des missions de conseil auprès de consultants externes, que nous cofinançons pour moitié. Les consultants évaluent les besoins des entreprises pour accélérer leur croissance et peuvent ensuite accompagner les entrepreneurs sur les axes prioritaires déterminés avec le dirigeant", explique Guillaume Mortelier. Lesdits axes peuvent varier, allant de la digitalisation à l’internationalisation.
Autre moyen d’aider les chefs d’entreprise : la formation. Bpifrance a des partenariats avec HEC, l’EM Lyon, Kedge ou encore la LSE. Des modules sont proposés aux dirigeants. Des e-learning sont également en place. La plateforme de la banque publique compte déjà 15.000 inscrits. Ces formations sont évidemment un outil pédagogique, mais aussi un moyen pour les entrepreneurs d’échanger entre eux. C’est d’ailleurs l’objet du troisième volet d’accompagnement des entreprises : la mise en relation. "Nous favorisons les occasions de rencontres et d’échanges entre entrepreneurs", relate Guillaume Mortelier. Cela peut passer par des événements, des mentorats ou encore des rencontres start-up/grands groupes.
La nouvelle direction a plusieurs vocations : briser la solitude des entrepreneurs en leur permettant d’échanger et de se former. Elle vient également en parallèle des financements octroyés par Bpifrance. Car si un chef d'entreprise identifie avec un consultant des priorités, il peut avoir besoin de fonds. A l’inverse, un dirigeant de société qui voudrait financer un projet, peut avoir besoin d'un soutien autre que financier pour mener à bien celui-ci. Guillaume Mortelier supervise également l’ensemble des accélérateurs Bpifrance PME et ETI. Il lancera aussi le 13 septembre le fonds Build-up International, afin d’accompagner les entreprises familiales et patrimoniales dans leurs acquisitions à l’étranger. Car pour faire grandir les entreprises, tout se tient. "Bpifrance est une entité publique, très proche du privé. Vous le voyez dans le parcours des collaborateurs. Je suis persuadé qu’ une action publique, qui prend en compte le long terme et l’intérêt général, associée à une culture privée, flexible et proche des entreprises, est très efficace."
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