Paul-François Fournier : Monsieur innovation de Bpifrance
Ce qu'aime faire Paul-François Fournier ? Assurément bouger les lignes, en sortant au besoin de ses zones de confort. C’est ce qu’il fait au quotidien chez Bpifrance depuis qu’il y est arrivé il y a cinq ans. C’est aussi ce qu’il fait dans sa vie privée lorsqu’il s’adonne à sa passion de la marche en montagne. « L’important, c’est de savoir prendre de la distance vis-à-vis des différents espaces que nous côtoyons. C’est comme cela que l’on arrive à impulser de véritables mouvements », assure ce Polytechnicien. Avant d’arriver chez Bpi dont il a pris la direction exécutive de l’innovation, Paul-François Fournier n’était pas vraiment un banquier. Il est d’abord passé par Orange avant d’être nommé directeur du business haut débit de sa filiale, Wanadoo, en 2001 où il va s’occuper de faire décoller ce qui, à l’époque, n’était encore qu’une vague idée, l’ADSL. En 2011, il prend la direction du Technocentre d’Orange où il est en charge de l’innovation produits.
C’est d’ailleurs Nicolas Dufourcq qui, en 2013, appelle ce père de deux garçons pour lui demander de venir le rejoindre. Les deux hommes se connaissent déjà bien puisque Nicolas Dufourcq a également présidé aux destinées de Wanadoo. Et lorsque celui-ci lui a dit qu’il voulait quelqu’un pour prendre en charge toutes les problématiques de l’innovation au sein de la banque, il n’a pas hésité une seconde. Celui qui avait déjà participé à la révolution de l’ADSL se voyait bien en architecte de la disruption. Et ce aussi bien au niveau de la FrenchTech que du financement de l’innovation en France.
A son actif, ce rendez-vous devenu aujourd’hui incontournable, réunissant les jeunes et moins jeunes entrepreneurs, les start-up innovantes et les mastodontes du CAC 40 et surtout tout l’éco système de l’innovation, du financement de projets à la gestion. BIG (pour Bpifrance Innovation Générations) en est aujourd’hui à sa 4ème saison et réunit 25.000 personnes autour de plus de 300 conférences. La prochaine étape ? « Après l’avènement du smartphone et de tous les nouveaux services qu’il a suscités, l’innovation va se ressourcer dans la technologie. Soit une excellente nouvelle pour la France qui, selon un récent sondage, se situe en première position mondiale sur ce créneau », assure Paul-François Fournier. Raison pour laquelle il entend aller chercher cette technologie en amont, au sein des laboratoires de recherche privés ou publics, voire universitaires et les mettre en lien avec les entrepreneurs et les grandes entreprises.
Autre initiative qu’il vient de prendre afin de réfléchir à un meilleur équilibre entre rente et disruption : la création d'un think tank. Les transformeurs regroupent ainsi toutes les personnalités les plus en pointe actuellement sur le sujet. A commencer par son ami Yves Tirode, avec qui il a travaillé chez Orange et qui a, lui aussi, posé ses valises au sein d’un grand groupe bancaire, BPCE, pour bâtir sa nouvelle offre digitale. On retrouve également au sein de ce groupe de réflexion Virginie Fauvel (Euler Hermès), Maud Bailly (AccorHôtels), ou Alice Holzman (Banque Postale).
Après avoir participé à l’essor de l’ADSL, Paul-François Fournier se réjouit donc d’apporter sa pierre à l’édifice de la FrenchTech et de son financement. Ce qui ne l’empêche pas de préparer concomitamment un périple tout aussi difficile et oh combien mythique : la route de Saint-Jacques-de-Compostelle en partant de Séville. Soit cinq semaines d’une longue marche qu'il a prévu de faire avec sa femme cet été. De quoi se ressourcer avant de reprendre le flambeau, flambeau qui le passionne et dont il est loin d’avoir épuisé tous les ressorts et surprises, comme il se plaît à l’évoquer. « Plus tard, je suis sûr que je serai fier de pouvoir dire : j’ai participé à ça ! »
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