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Orange, mi-figue, mi-raisin
Les résultats semestriels d’Orange sont mi-figue, mi-raisin. Ils ne sont pas supérieurs à ce qui était attendu ; ce que le marché boursier apprécie toujours. Ils ne sont pas non plus moins bons. Le chiffre d’affaires du groupe affiche une croissance de 1,7% (ce qui est bien pour un marché mûr) à 20,2 milliards d’euros. Et ce qui est le plus important, lorsqu’on le regarde de plus près, c’est que les revenus de la Convergence, commercialisée dans l'ensemble des pays européens, poursuivent leur croissance soutenue (+10,7% au 2ème trimestre). En Afrique & Moyen-Orient, la progression des services mobiles reste forte (+8,5%), tirée par les services de données et Orange Money.
Si bien qu’au 30 juin dernier les offres convergentes comptent 10,677 millions de clients sur l'ensemble du Groupe (+9,0% en un an) dont 6,097 millions en France, 3,133 millions en Espagne, 1,137 million en Pologne, 127.000 en Belgique et au Luxembourg, et 120.000 en Roumanie. Par ailleurs la croissance des forfaits mobiles est restée très soutenue avec 77,3 millions de clients au 30 juin 2018, en hausse de +8,2% sur un an. Le nombre total de clients des services mobiles du Groupe s'élève donc à 199 millions au 30 juin 2018, en hausse de +1,2% sur un an, en dépit de concurrents agressifs.
En termes d’efficacité économique, il faut retenir une croissance modeste (+3,3%) du résultat opérationnel à près de 6 milliards d’euros. Cette croissance est générée par la performance remarquable de la France, de l'Espagne et de l'Afrique & Moyen-Orient. L'optimisation de la structure de coûts grâce au plan d'efficacité opérationnelle Explore 2020 mis en œuvre en 2015, permet de conserver la flexibilité nécessaire pour soutenir la performance commerciale avec notamment l'achat d'équipements mobiles et l'enrichissement des offres de contenus.
De fait, le résultat d'exploitation du Groupe Orange a atteint 2,35 milliards d'euros au cours du premier semestre, soit une hausse de +2,8% par rapport au premier semestre 2017. Il inclut pour 2,417 milliards d'euros le résultat d'exploitation des activités télécoms et pour -68 millions d'euros, le résultat d'exploitation d'Orange Bank, dont les résultats commerciaux sont très décevants avec seulement 100.000 clients revendiqués, en dépit d’un matraquage commercial.
Au total, le résultat net de l'ensemble consolidé du Groupe Orange s'élève à 879 millions d'euros contre 724 millions d'euros au premier semestre 2017. L'augmentation de +155 millions d'euros entre les deux semestres est principalement liée à l'amélioration de 116 millions d'euros du résultat financier et à la progression de 62 millions d'euros du résultat d'exploitation. Autant dire que cette amélioration de la rentabilité de l’opérateur s’appuie sur des bases saines.
Lors du call qui a eu lieu ce matin Ramon Fernandez, le directeur financier d’Orange, a bien insisté sur le fait que le groupe ne misait pas sur une consolidation du secteur en France. Ce qui signifie que les espoirs de Bouygues de racheter SFR sont aujourd’hui vains. Cela signifie aussi que la France va devoir continuer à fonctionner avec quatre opérateurs, et l’Europe avec une centaine, alors qu’il n’y en a que trois aux États-Unis.
Bien sûr ces résultats ne sont pas de nature à faire « sauter au plafond » les actionnaires, mais ils montrent que le groupe est remarquablement bien géré, et que cela aurait été une folie de se débarrasser de son président Stéphane Richard, comme cela était un moment envisagé, pour de basses raisons politiques.
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