WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Evenements / Bouygues / Orange / stéphane richard

Evenements
Bouygues / Orange / stéphane richard

Consolidation des télécoms : la musique se précise

Après Stéphane Richard et Martin Bouygues, Alain Weill a évoqué un retour à trois opérateurs télécoms en France « assez rapidement ». Et cela, à l’occasion de la vente d’une partie de la fibre optique d’Altice pour 1,8 milliard d’euros, qui va lui permettre de dégager du cash pour investir et se désendetter.
Alain Weill
Alain Weill

"Une fois c’est un hasard, deux fois c’est une coïncidence, trois fois c’est un complot", dit l’adage. Si bien que les propos tenus hier par Alain Weill sur la prochaine consolidation des télécoms en France, ne font que confirmer les intentions déjà annoncées par Martin Bouygues et Stéphane Richard. Alors que l’offre faite par Bouygues Telecom sur SFR en mai dernier a échoué, Martin Bouygues avait profité de l’annonce de bons résultats semestriels début septembre pour confirmer être ouvert à cette consolidation, qu’il rejetait encore en début d’année. Il y a dix jours, c’est Stéphane Richard, le PDG d’Orange, qui dans une interview aux Échos jugeait que l’on "a atteint les limites du système" notamment en raison de la guerre des prix que pratiquent SFR et Bouygues Telecom. Et hier, le directeur général d’Altice - la maison-mère de SFR - Alain Weill a jugé que le retour à trois opérateurs "a du bon sens" et "se fera assez rapidement".

Un faisceau d’indices concordants donc, et qui correspond à une période propice à la reprise des discussions. Les opérateurs télécoms avaient interdiction de négocier pendant la période de renouvellement des licences mobiles à 2, 3 et 4G cette année, et pourront profiter d’une fenêtre de tir avant le lancement des enchères pour l’attribution des fréquences 5G, à partie de mi-2019. Tous les scénarios ont déjà été envisagés : en 2015, Patrick Drahi d’Altice avait fait une offre à 10 milliards d’euros sur Bouygues Telecom qui a été refusée. L’année suivante, c’est Orange qui a tenté de prendre la tête de la consolidation, mais les tractations avec Martin Bouygues ont encore échoué. Ce dernier a enfin tenté sa chance au printemps dernier, sans succès. La gestion des ego sera aussi clé pour faire aboutir un mariage dans les télécoms en France, les rapports entre ces patrons n’étant pas toujours au beau fixe.

En tout état de cause, Altice a réalisé une belle opération en signant la vente de 49,99 % de sa filiale de fibre hors grandes villes à trois fonds d’infrastructure - Allianz Capital Partners, AXA IM et Omers Infrastructure - pour 1,8 milliard d’euros en cash. Le groupe est ainsi parvenu à garder le contrôle de sa filiale, tout en dégageant une valorisation maximale. Avec la vente de 49M de ses tours télécoms à KKR en juin dernier, "Altice Europe a été en mesure de cristalliser 8 milliards d’euros de valorisation de ses infrastructures et d’obtenir 4 milliards d’euros de cash au total en quelques mois", a souligné Patrick Drahi. De quoi lui permettre de réduire sa dette abyssale, à plus de 30 milliards d’euros, mais aussi se donner les moyens d’investir dans les infrastructures, avec le développement à venir de la 5G. Des besoins immenses de cash flows pour le secteur, qui sont aussi une raison supplémentaire pour que les quatre acteurs trouvent enfin la recette de cette consolidation.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article