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Asset, Management / BlackRock

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Marchés : la nervosité couve depuis plusieurs mois

Chez BlackRock, les investisseurs retail et institutionnels ont retiré 24 milliards de dollars de ses fonds indiciels au troisième trimestre. Ils sont de plus en plus anxieux sur le pic des résultats mais aussi le dérapage du déficit américain, ce qui laisse augurer du maintien de la volatilité.
BlackRock - Larry Fink
BlackRock - Larry Fink

Le répit a été de courte durée. Alors que les marchés américains ont largement rebondi hier grâce aux résultats bancaires – et ont d’ailleurs permis aux 10 personnes les plus riches de la planète d’encaisser au moins 1 milliard de dollars chacun en une séance – ils sont à nouveau dans le rouge ce matin, avec une hausse de plus de 5% de l’indice de volatilité. Or de ce point de vue, les résultats trimestriels publiés par BlackRock offrent un éclairage important sur l’état d’esprit des investisseurs mondiaux dans les derniers mois. Le groupe emmené par Larry Fink a ainsi publié un profit net en hausse de 27% sur le trimestre, mais qui traduit des sentiments diffus de la part des investisseurs. Les investisseurs retail et institutionnels ont sorti 24 milliards de dollars des fonds indiciels de BlackRock entre juillet et septembre. "Nous notons clairement de l’anxiété", a reconnu le CEO Larry Fink, même si la firme a tout de même engrangé 11 milliards de dollars nets, grâce à 33 milliards de dollars de collecte sur ses ETF.

"La plus grande inquiétude que je vois est que nous pourrions être au pic des résultats", a indiqué le patron du plus gros gérant de fonds au monde, avec 6.400 milliards de dollars sous gestion. Les investisseurs s’alarment de la possibilité que les entreprises aient déjà profité à plein de la réforme fiscale depuis le début de l’année, et que l’expansion économique historique touche à sa fin. En outre, Larry Fink a abordé le problème du trou béant du déficit budgétaire, qui a dérapé de 17% cette année à 779 milliards de dollars, selon le Trésor, soit le niveau le plus élevé en six ans. Contrairement à ses promesses, les cadeaux fiscaux consentis par l’administration Trump ne se sont pas financés par le rebond de la croissance, bien au contraire. Une tendance d’autant plus inquiétante que Mitch McConnell, porte-parole des républicains au Sénat, s’est dit préoccupé par ce chiffre mais s’est refusé à le lier aux réformes fiscales. 

Le problème vient de ce que ce déficit fédéral est principalement financé par des partenaires comme la Chine, avec qui les Etats-Unis sont en pleine guerre commerciale, a rappelé Larry Fink. Certes, la Chine pourrait elle aussi pâtir d’une crise financière américaine, mais jouer à ce jeu paraît extrêmement risqué au regard des montants et des enjeux. Ce qui place la Fed dans une position très délicate, car elle doit prendre en compte un marché du travail florissant – les offres d’emplois ont atteint un record historique à plus de 7 millions hier – sans attiser la nervosité des investisseurs. A cet égard, les minutes publiées ce jour seront scrutées de près par des marchés en quête de repères.

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