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BlackRock obligé de tailler dans les effectifs
BlackRock n’aura pas attendu la publication de ses résultats annuels mercredi prochain pour officialiser un plan de licenciement de 500 postes. Ce plan, qui concerne 3% de ses 14 000 employés, touche différentes activités du géant de la gestion d’actifs et a vocation à simplifier son organisation, face à la montée de l’aversion au risque des investisseurs et de modèles aux commissions moins élevées. "Les incertitudes montent sur le marché, les préférences des investisseurs évoluent, et l’écosystème dans lequel nous opérons devient de plus en plus complexe", a reconnu le groupe dans un communiqué, faisant valoir que "les changements que nous faisons nous aideront à continuer à investir dans les opportunités de croissance stratégique les plus importantes pour l’avenir".
Blackrock, qui gère 6 440 milliards de dollars, a d’ores et déjà souffert du désamour des investisseurs pour ses produits de gestion traditionnelle : au troisième trimestre, le groupe avait ainsi annoncé que ses clients avaient retiré un total 3,1 milliards de dollars nets, soit ses premières sorties de capitaux en trois ans. "Nous voyons de plus en plus de gens faire une pause", avait alors reconnu Larry Fink, l’emblématique CEO du groupe. Un coup de bambou ressenti par l’industrie entière de la gestion d’actifs puisque selon Morningstar, les flux entrants nets dans les fonds mutuels et ETF ont reculé de 62% à 237 milliards de dollars sur les onze premiers mois de 2018. Soit la plus forte baisse depuis 2008, en pleine crise financière.
Deux forces négatives sont actuellement à l’œuvre : une pression accentuée sur les commissions et les marges des gérants d’actifs depuis la montée en puissance de la gestion passive, mais aussi un regain d’anxiété sur l’orientation des marchés dans les prochains mois, dans un contexte de rebond de la volatilité. Pour contrer cet environnement plus hostile, BlackRock a intensifié sa réflexion stratégique, compte se développer sur des marchés où il est encore peu présent et privilégier des segments plus porteurs comme la technologie, les investissements alternatifs et de retraite. D’autres concurrents ont aussi déjà pris des mesures afin de resserrer les coûts : AllianceBernstein va déménager son siège et 1000 postes de New York à Nashville dans le Tennessee, tandis que State Street a prévu de réduire une centaine d‘emplois de hauts responsables.
Blackrock ne compte pas s’en arrêter là et a également indiqué qu’il ferait "des changements additionnels pour simplifier et améliorer notre organisation dans les prochaines semaines". Au niveau du management, cette annonce est concomitante à la nomination de Mark Wiedman comme responsable des opérations internationales et de la stratégie mondiale. Ce dernier, qui était auparavant en charge de l’activité ETF et de fonds indiciels à New York, rapportera directement à Larry Fink et est désormais considéré comme un dauphin potentiel pour remplacer le CEO, aujourd’hui âgé de 66 ans.
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