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BlackRock se transforme pour mieux survivre

Le plus grand gérant d’actifs au monde a annoncé des changements profonds afin de répondre à la concurrence et à la demande croissante en actifs alternatifs. Parmi eux, le closing, certes tardif, de son premier fonds de private equity à 2,75 milliards de dollars.
Larry Fink - BlackRock
Larry Fink - BlackRock

Ce n’est pas parce que l’on est le plus important gérant d’actifs au monde, avec 6.000 milliards de dollars sous gestion, qu’il faut s’endormir sur les lauriers. Larry Fink, le CEO de BlackRock, le sait bien, lui qui incite régulièrement les sociétés dans lesquelles il investit à s’extirper des considérations de profit à court terme pour miser sur le capital humain et la croissance de long terme. Aux côtés du président Rob Kapito, il a publié un memo interne à ses 14.000 employés pour leur expliquer que les mutations actuelles du marché "représentent la plus grande opportunité de la décennie si nous acceptons d’être audacieux et décidés".

Sa principale décision concerne le segment des actifs alternatifs, qui ne représentait que 140 millions de dollars sous gestion à fin 2018 – 2 % de ses actifs totaux et 9 % de ses revenus -, et inclut principalement des projets dans l’énergie, des prêts et autres actifs non traditionnels. C’est la raison pour laquelle BlackRock a annoncé mardi le closing de son premier fonds de private equity, à 2,75 milliards de dollars, dont 1,25 milliard disponibles et 1,5 milliard d’engagements de la part de ses investisseurs. Mais le géant a pris du retard, puisque lorsqu’il avait annoncé cette volonté de se lancer dans le non coté, il avait fixé un objectif de collecte à mi-2018. Et cette première enveloppe est loin de l’ambition totale, qui est de lever entre 10 et 12 milliards de dollars pour son premier fonds de private equity.

Le problème vient de ce que la classe d’actifs est devenue très populaire depuis plusieurs années, et si les levées de fonds pulvérisent des records, la concurrence est aussi féroce, surtout avec des maisons installées et au track-record irréprochable. Sans parler des Limited Partners, ces investisseurs traditionnels du segment qui se dotent de plus en plus d’équipes en interne afin d’investir en direct. Mais BlackRock affronte aussi la concurrence de plus en plus féroce de la gestion passive et des fonds indiciels dans son métier traditionnel, ce qui lui a fait perdre 468 millions de dollars sous gestion au dernier trimestre 2018.

La firme a également acté ce changement de cap, qui avait été initié dès l’an passé, au niveau de son organisation. Edwin Conway, qui s’occupait jusqu’à présent des interactions avec les clients institutionnels de BlackRock, prendra en charge le management quotidien de l’activité alternative et remplacera David Blumer, qui se retire du comité de leadership et prend un rôle de conseiller. Par ailleurs, Jim Barry, patron des actifs réels qui dirigeait les équipes d’immobilier et infrastructure et a par exemple développé le portefeuille solaire et éolien, deviendra directeur des investissements (CIO), premier à occuper ce poste en deux ans. L’activité va également dédier une équipe de 50 commerciaux dédiés, une première. Ces changements ont enfin pour but de réallouer les équipes commerciales auparavant focalisées sur les fonds de pension et autres larges institutionnels.

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