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financement participatif souffre taux bas investissements

Macro-économie / Taux / financement alternatif / Crédit / Entrepreneuriat

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Le crowdlending change sa mission

Il avait pour objectif initial de financer un écosystème innovant en panne de capital. Il se retrouve à abreuver des entreprises déjà assez solides. En cause, toujours cet environnement de taux bas qui gangrène décidément tous les canaux de l'économie française.
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Le crowdlending souffre des taux bas. Car ces plates-formes de financement participatif sont contraintes de baisser leur taux d’intérêt pour rivaliser face aux banques. De fait, selon le baromètre crowdlending "entreprises" du deuxième trimestre 2019, le taux d’intérêt moyen auquel les entreprises empruntent actuellement via ces plateformes est de 6,02 % contre 6,66 % un an plus tôt et 7,3 % il y a deux ans. C'est dire si ces taux sont de moins en moins compétitifs. 

Rappelons que ce système permet à des particuliers de financer des projets d'entreprises grâce à un prêt rémunéré. Du côté des particuliers, cela leur octroie toujours des rendements bien supérieurs à ceux du livret d'épargne. Mais d'abord, les rendements ont baissé. Ensuite, les particuliers sont taxés sur les intérêts qu'ils reçoivent. De fait, la rentabilité nette des investisseurs, qui sont majoritairement des particuliers, baisse. Ce qui impacte, non pas les montants collectés, mais le nombre de dossiers traités par les plates-formes. Les premiers augmentent de 22 % sur un an, pour s'élever à 87,1 millions d'euros au mois de juin. Les seconds en revanche passe de 375 à 362, soit une baisse de 3 % par rapport à la même période l'an dernier.

La rémunération du risque diminuant, les particuliers se détournent peu à peu des start-up et autres petites entreprises en demande de capital, pour se diriger vers le financement d'entreprises plus solides et plus grandes, qui se voient elles aussi se refuser les prêts bancaires à des taux bien plus compétitifs. En tout cas, le crowdlending se détourne de sa mission initiale, celle de financer l'écosystème des très petites et petites entreprises (TPE) au profit de firmes de plus grande envergure. En témoigne le montant moyen emprunté par chaque société qui s’établit à 240.553 euros, en hausse de 18 % sur an. De 76 % en trois ans. De 213 % en quatre ans.

Les autorités monétaires devront tenir compte à l'avenir des effets contre productifs de l’argent gratuit. Car couper le financement des petites structures innovantes, c’est condamner l’avenir de l'entreprenariat. Et comme le théorisait Joseph Schumpeter, la croissance prend sa source dans le progrès technique qui détruit des emplois à faible productivité pour en créer de nouveaux à forte valeur ajoutée.

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