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Macro-économie / Taux / Crédit / BCE / Espagne

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Crédit / BCE / Espagne

L'enquête de crédit de la zone euro inquiète

Les résultats du bank lending survey publié comme tous les trimestres par la BCE soulignent un recul des demandes nettes de crédit par les entreprises en France et en Espagne. L'investissement devrait reculer dans les prochains mois en zone euro.
Budget européen - illustration
Budget européen - illustration

Le FMI a révisé hier à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour cette année et l'an prochain, et notamment abaissé celles de la zone euro d'un dixième de point en 2020, de 1,4% à 1,3%, en raison de la contraction prolongée de l'activité industrielle en Allemagne et de la décélération de la demande intérieure en Espagne. Un ralentissement que l'enquête sur le crédit publié aujourd'hui par la BCE est malheureusement venue confirmer. Selon les résultats de cette étude, menée comme tous les trimestres par Francfort auprès des principaux prêteurs de la zone euro, si la croissance des dépenses de consommation doit se maintenir à un rythme soutenu, la croissance des investissements va s'affaiblir. Pourquoi ? Parce que la demande de crédit de la part des entreprises a reculé pour la première fois en sept ans. Si les entreprises empruntent moins, elles devraient par conséquent moins dépenser dans les prochains mois.

Un constat surprenant alors que les conditions d'emprunt sont toujours aussi bonnes, comme l'ont répondu les banques, qui ont déclaré ne pas avoir durci leurs conditions d'obtention de prêt. Malgré des taux d'intérêt proches de zéro, les entreprises de la zone euro se sont donc montrées plus frileuses en fin d'année dernière. "L'élément le plus notable de cette enquête est le net ralentissement de la demande de crédit", commente ainsi Chris Hare, économiste chez HSBC à Londres. "Ce recul de l'activité de crédit est inquiétant pour la zone euro. Car il pourrait être le signal que la faiblesse du commerce et de l'industrie commence à se transmettre à l'investissement, qui avait jusqu'à présent bien résisté", explique encore Chris Hare. Ainsi, le solde net de banques ayant déclaré une croissance de la demande est devenu négatif (à -8), pour la première fois depuis le quatrième trimestre 2013.

Sachant que les banques ont déclaré s'attendre à une détérioration de la demande de crédit au cours du premier trimestre de cette année. Dans le détail, c'est en Espagne que la demande de crédit a le plus reculé (passant de -30 à -40), et en France dans une moindre mesure (passant de 29 à -2). "L'affaiblissement de la demande espagnole résulte en grande partie des incertitudes politiques que le pays a connues courant novembre", poursuit l'économiste d'HSBC. Le ralentissement de la demande de crédit en France est en revanche plus surprenant, alors que l'investissement a bien résisté l'an dernier : au troisième trimestre 2019, l'investissement des entreprises a progressé au même rythme qu’au trimestre précédent (+1,2% après +1,1%), tiré notamment par les dépenses en services informatiques et en matériels de transport. Si les chiffres pour le quatrième trimestre ne sont pas encore connus, l'investissement pourrait continuer d'avoir progressé, vu les enquêtes de confiance plutôt positives. Ce qui signifie que si les entreprises n'ont pas emprunté pour financer leurs dépenses, elles ont puisé dans leurs fonds propres pour le faire.

Autre enseignement intéressant de cette enquête, le fait que les futures opérations TLTRO-III seront un peu plus fructueuses que les précédentes. Rappelons qu'à l'automne dernier, la BCE a relancé ces opérations de prêts à moindre coût pour les institutions financières de la zone euro, afin de maintenir un niveau de crédit abondant en zone euro. Or, seulement 5% des banques ont participé à l'opération de septembre, et 35% à celle de décembre. Par ailleurs, dans les deux cas, le montant emprunté par les banques à la BCE était inférieur au montant des prêts existants qu'elles ont remboursés. Elles devraient être un peu plus nombreuses à se rendre au guichet de Francfort lors des prochaines opérations : 47% des banques ont déclaré qu'elles participeront aux futures opérations TLTRO-III. À titre de comparaison, plus de 60% des banques ont participé à la dernière opération TLTRO-II en juillet 2017. Mais la BCE espère qu'une bonne partie des 32% de banques indécises choisiront de participer aux futures opérations. Il reste que "même dans ce cas, on ne s'attendrait pas à ce que les prêts à l'économie réelle augmentent", estiment les équipes d'ING.

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