Macro-économie / Taux / Zone euro / PMI / Récession / Espagne / Italie
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Zone euro / PMI / Récession / Espagne / Italie
La zone euro lève le pied
Selon les enquêtes définitives menées par le cabinet Markit auprès des directeurs d’achat (PMI), la zone euro est descendue du nuage où elle se trouvait durant le mois de juillet. En effet, alors que le secteur privé des Dix-neuf avait vu son indice PMI Composite (qui regroupe le secteur manufacturier et celui des services) atteindre un plus haut depuis plus de deux ans (54,9), il s’est affiché à 51,9 en août.
En raison de la vigueur de son secteur manufacturier, c’est l’Allemagne, parmi les pays couverts par l’enquête menée entre le 12 et le 25 août, qui signe la meilleure performance, son indice PMI composite atteignant 54,4, quand la France voit le sien décroître de 5,7 points sur un mois (51,6). Les secteurs privés italiens et espagnols quant à eux se sont contractés lors du mois d’août (leurs indices PMI Composite atteignent respectivement 49,5 et 48,4). Ce net ralentissement en zone euro n’est guère lié aux performances du secteur manufacturier qui a tenu son rang et vu sa croissance se stabiliser, mais à celles du secteur des services. De fait, alors que son indice PMI avait atteint 54,7 en juillet, un plus haut depuis près de deux ans, il a décru de 4,2 points en août. Cela s’explique par l’importante décéleration de la croissance de l’activité du secteur en France (baisse de 5,8 points de l’indice PMI des services) et un retour à la contraction en Italie et en Espagne – indices PMI des services à 47,1 et 47,7 respectivement. Rappelons que le secteur des services représente plus des deux-tiers du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro.
Selon Chris Williamson, chef économiste chez IHS Markit, cela suggérerait que "le rebond économique observé après le confinement commence déjà à s’essoufler, en raison notamment des mesures de distanciation physique actuellement en vigueur". Reste que même en prenant en compte le fait que le pic d’activité du mois de juillet résulte d’une réouverture plus généralisée de l’économie après les confinements stricts imposés en zone euro, le ralentissement constaté en août s’avère "décevant", juge l’économiste. Andrew Kenningham, chef économiste Europe de Capital Economics, va plus loin et n'hésite pas à dire que "si le nombre de nouveaux cas de virus n'est pas maîtrisé, la reprise dans la zone euro pourrait s'essouffler et les pays du sud pourraient connaître une nouvelle récession pendant l'hiver". Pour sa part Rosie Colthorpe, économiste chez Oxford Economics, retient de ces chiffres une reprise divergente entre l'Europe du Sud et celle du Nord, évidemment liée au tourisme et s'attend toujours à "un fort rebond mécanique du PIB au troisième trimestre, et un fort ralentissement de la croissance au quatrième trimestre".
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