Macro-économie / Taux / PMI / Zone euro / Allemagne / Secteur manufacturier
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PMI / Zone euro / Allemagne / Secteur manufacturier
Le secteur manufacturier européen peut remercier l’Allemagne
Tandis que ces derniers temps, les bonnes nouvelles se font rares concernant la reprise en zone euro, on ne peut snober celle de ce matin. Selon l’enquête finale menée auprès des directeurs d’achats du secteur manufacturier de la zone euro par l’institut IHS Markit (PMI), l’indice PMI du secteur manufacturier des Dix-neuf a atteint 53,7 en septembre contre 51,7 au mois d’août, soit un plus haut depuis… 26 mois et donc le troisième mois consécutif de croissance.
"La conjoncture s’est fortement améliorée dans les trois sous-secteurs couverts par l’enquête en septembre, notamment dans celui des biens d’équipement qui a enregistré sa plus forte expansion depuis plus de deux ans et affiché des performances nettement supérieures à celles des sous-secteurs des biens intermédiaires et de consommation", indique l’enquête. En fait, c’est l’Allemagne qui tire vers le haut l’ensemble de la zone euro ; sa croissance est au plus haut depuis 26 mois elle aussi, son indice a atteint 56,4 contre 52,2 le mois précédent. L’enquête précise ainsi qu’environ la moitié de la croissance du secteur manufacturier de la zone euro repose sur les performances de l’Allemagne. Et IHS Markit de signaler que "sans l’apport du secteur manufacturier allemand, qui a enregistré une hausse particulièrement soutenue de ses niveaux de production en septembre, la croissance de la zone euro aurait été nettement plus modeste" et elle aurait été à son plus faible niveau depuis juin. Cette croissance à deux vitesses dans la zone euro du secteur manufacturier (le contraste est frappant avec l’Espagne et l’Irlande) s’explique par une dynamique particulièrement florissante des exportations allemandes notamment grâce à la forte appétence pour les biens d’équipement outre-Rhin (machines et bâtiments).
A moyen terme, la divergence semble se dissiper, car les perspectives d’activité à douze mois des entreprises ont atteint leur haut niveau depuis avril 2018. Dans le détail, ce sont les fabricants italiens, suivis de leurs homologues allemands et hollandais, qui ont signalé les plus fortes prévisions de croissance pour l’année à venir, signalent les économistes d’IHS Markit.
Ces bonnes nouvelles émanant du secteur manufacturier, même si elles doivent être relativisées au regard des performances allemandes, ne doivent pas nous faire oublier la récente dynamique du secteur des services - il pèse 73,7% du Produit intérieur brut de la zone euro d’après la BCE, surtout dans un contexte où la seconde vague de la pandémie paraît de plus en plus inquiétante. C’est ce que souligne Tomas Dvorak, économiste chez Oxford Economics, "bien que l'industrie manufacturière soit moins dépendante des interactions humaines que le secteur des services, une nouvelle détérioration de la situation sanitaire et une augmentation de l'incertitude pourraient fortement réduire la demande, alors qu'un retour des restrictions pourrait à nouveau perturber les chaînes d'approvisionnement".
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