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France / PMI
La France a peur
Depuis quelques temps, la France a renoué avec certaines mesures de restrictions qui avaient cessé d’être lors du déconfinement de mai dernier. Certes, elles ne concernent pas l’ensemble de l’Hexagone, mais elles n’envoient pas un signal des plus rassurants à des acteurs économiques déjà en proie à une forte incertitude. Incertitude qui s’est accrue ces dernières semaines avec la dégradation de certains indicateurs sanitaires. Et la dernière enquête menée par l’institut IHS Markit (PMI) auprès des directeurs d’achats de corroborer cet état de fait. En effet, l’indice PMI composite de la France - qui regroupe le secteur manufacturier et le secteur des services – s’est affiché à 48,5 contre 51,6 en août, soit un retour en territoire de contraction pour la première fois depuis mai 2020 pour le secteur privé hexagonal.
Dans cette enquête menée entre le 11 et le 25 septembre, les économistes d’IHS Markit rapportent que ce recul de l’activité a résulté de "la détérioration de la conjoncture dans le secteur des services", en ce sens que "la recrudescence du nombre de cas de Covid-19 a en effet entraîné une forte baisse de l’activité chez les prestataires de services. Dans le secteur manufacturier en revanche, la production a augmenté, la hausse s’étant en outre accélérée par rapport au mois d’août". De fait, le secteur manufacturier, lui, a retrouvé la croissance durant le mois de septembre, son indice PMI ayant atteint 51,2 contre 49,8 en août. L’indice des services, lui, a chuté de 4 points (passant de 51,5 à 47,5). Cela n’a rien de surprenant compte tenu du fait que les prestations impliquent beaucoup plus de contacts. Toutefois, au regard de l’interdépendance existant entre les deux secteurs, "la faiblesse du secteur des services risque de se propager prochainement à l’industrie manufacturière", explique Eliott Kerr, économiste d'IHS markit.
Du côté des bonnes nouvelles, on peut noter que les perspectives d’activité à douze mois de l’ensemble du secteur privé français sont restées "bien orientées en septembre", la confiance s’étant en outre renforcée dans les deux secteurs couverts par l’enquête. Et, c’est dans le secteur des services que le degré d’optimisme a été le plus élevé, rapporte l'enquête. Reste que, "si le nombre d’infections continue de s’accélérer, les perspectives d’activité risquent toutefois de se détériorer au cours des prochains mois", prévient Eliott Kerr.
Alors que le troisième trimestre vient de se terminer, rappelons que les dernières prévisions de l'Insee anticipaient un rebond de 17 % en glissement trimestriel, après une chute de 13,8 % au deuxième trimestre.
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