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Pedro Sanchez élections catalogne Ciudadanos PSOE Vox

Macro-économie / Taux / Taux-dette souveraine / Espagne

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Taux-dette souveraine / Espagne

Le retour du risque espagnol ?

Le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, devrait annoncer demain soir d'éventuelles élections anticipées après le rejet de son budget au Parlement, où le parti PSOE est ultra-minoritaire. Les rendements de la dette du pays ont pour l'instant bien résisté mais pourraient grimper en cas d'enlisement de la situation.
Espagne - Madrid
Espagne - Madrid

Après l'Italie, l'Espagne dans le viseur des marchés ? Si le pays de la péninsule ibérique est en proie à de nouvelles turbulences politiques, sa situation économique et budgétaire, nettement plus saine que l'Italie, devrait lui permettre de traverser l'épisode d'instabilité parlementaire actuel plutôt sereinement. Hier en effet, l'Assemblée espagnole a rejeté le budget que présentait le chef du gouvernement, le socialiste Pedro Sanchez. Ce dernier, arrivé au pouvoir en juin à la faveur d'une motion de censure contre Mariano Rajoy, coulé par un scandale de corruption, est en difficultés depuis le début de son mandat.

À la tête d'un gouvernement socialiste ultra-minoritaire (84 députés sur 350), il s'était initialement engagé à tenir de nouvelles élections avant de changer d'avis et de proposer de présenter un budget, afin de rester en poste jusqu'à la fin de la législature en 2020. Peine perdue puisqu'une majorité de 191 députés ont voté hier en faveur d'amendements du Parti populaire de droite, des libéraux du Ciudadanos et des deux partis indépendantistes, qui ont donc bloqué le budget.

Pedro Sanchez devrait annoncer demain soir s'il décide ou non de tenir des élections anticipées, mais il est fort probable qu'il n'ait pas le choix, vu le peu de soutien du PSOE au Parlement. Pour l'instant, le marché obligataire a plutôt bien résisté à cette nouvelle crise politique, une de plus en Europe, au moment où le Brexit et l'Italie font les grands titres. Ainsi, les taux du pays à dix ans étaient même en baisse de 0,40 % ce matin selon investing.com et se traitent autour de 1,234 %. Rappelons qu'en juin 2015 ils tournaient encore autour de 2,309 % et n'ont cessé de diminuer depuis, grâce au redémarrage économique du pays. De même les taux à deux ans se traitaient en baisse, de 0,45 %, à 0,219 %, malgré le résultat du vote d'hier. Selon Jean-Christophe Machado, stratégiste taux chez Natixis, cette bonne tenue des taux espagnols souligne que les marchés sont pour l'instant beaucoup plus préoccupés de l'issue du Brexit et des nouvelles en provenance de l'Italie. "Le fait que l'Italie soit en mauvaise position a permis à l'Espagne de se démarquer sur le marché obligataire", explique ainsi le stratégiste. Le dix ans italien se traite ainsi autour de 2,866 % selon investing.com, en léger repli par rapport au pic de fin janvier où il avait atteint 2,866 %. En cas de dégradation sur ces deux marchés (italien et britannique), celui de l'Espagne devrait lui aussi pâtir estime en revanche l'analyste.

Certes, l'avenir politique espagnol risque pour le moins d'être troublé, avec la montée en puissance du parti d'extrême droite Vox (10 % d'intentions de vote selon les sondages les plus récents) et qui pourrait participer à la prochaine coalition de centre droit, et alors que les indépendantistes catalans continuent à réclamer un référendum d'autodétermination. Mais le pays jouit de fondamentaux économiques assainis, grâce à la mise en place de réformes structurelles efficaces depuis sa sortie de récession en 2013, qui lui ont permis d'afficher 19 trimestres de croissance consécutifs. L'Espagne a ainsi affiché un PIB en hausse de 2,7 % l'an dernier, après +3,1 % en 2017 et +3,3 % en 2016. Ce qui place le pays parmi les plus performants d'Europe et devrait donc l'aider à encaisser la nouvelle crise que traverse le pays. Si Pedro Sanchez convoque de nouvelles élections demain soir, elles seraient ainsi les troisièmes en un peu plus de trois ans !

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