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Marc Menasé (Founders Future) : business angel professionnel

Celui qui a vendu son entreprise de communication digitale à Lagardère en 2006, investit dans des jeunes pousses depuis 14 ans. Aujourd’hui, à travers sa nouvelle entité, il professionnalise cette activité.
Marc Menasé
Marc Menasé

Marc Menasé a dévoilé officiellement aujourd'hui sa nouvelle entité, qui vient de signer son dixième investissement et acter l'arrivée de la Financière Dassault parmi ses investisseurs. Baptisée Founders Future, cette dernière fonctionne sur deux jambes. D’un côté, l’homme de 36 ans et ses équipes ont une activité de venture capital. Ils financent des start-up en phase d’amorçage (une dizaine d'entreprises par an). De l’autre, le business angel cofonde des sociétés (une à deux chaque année). C’est-à-dire sélectionne les heureuses élues à partir de Powerpoint et déroule la suite aux côtés des entrepreneurs, à la façon de ce que les Américains appellent le start-up studio. Le but de Founders Future être "une véritable entreprise et professionnaliser les choses, tout en conservant notre spécificité". À savoir, faire du "venture studio", comme le résume le dirigeant.

Quelles sont les cibles ? "On est assez agnostiques en termes d’industrie, mais on ne l’est pas du tout en termes de business model, nous investissons et créons uniquement des plateformes et du SAAS (software as a service)", indique celui qui a enregistré parmi ses succès Le Petit Ballon, leader de l'abonnement de vin sur Internet qui a été cédé à Vente-Privée en 2017, ou Teads, spécialiste de la vidéo publicitaire en ligne. "Aujourd’hui, l’idée dans nos métiers ne fait pas grand-chose. Ce qui compte, c’est d’avoir la bonne équipe et un marché", poursuit l’intéressé. À noter que si Marc Menasé finance des serial entrepreneurs, les deux tiers des firmes auxquelles vont les fonds sont le fait de Millennials.

Car aujourd’hui, comme le constate l’entrepreneur-investisseur qui donne des cours à HEC, l’univers start-up est devenu le nouveau Graal, comme l’étaient à son époque le consulting ou la banque d’affaires. A sa sortie de HEC, au début des années 2000 si ses camarades de promotion se tournaient plutôt vers des entreprises traditionnelles, Marc Menasé a vu dans la tech une véritable opportunité. Il rencontre Pierre Chappaz de Kelkoo, entreprise qui sera cédée à Yahoo! pour 465 millions d’euros. Au sein de l’entreprise, il occupera divers postes à responsabilité. "Ils m’ont fait goûter à l’entrepreunariat. Les entreprises de ce type fonctionnent à la méritocratie".

À la suite du rachat, Marc Menasé voit dans la communication digitale une opportunité de marché. À l’époque on ne disrupte pas, on "chamboule". L’homme monte alors son entreprise et crée un software pour optimiser les dépenses dans Google AdWords, de manière à permettre aux sociétés d’accroître leur trafic Internet. De débuts où ses premiers clients seront des amis, tels que Pierre Kosciusko-Morizet, la société attirera les plus grosses entreprises comme LVMH, Accor ou Michelin. C’est un de ses clients, Lagardère qui s’offrira Nextedia en 2007. Marc Menasé y restera jusqu'en 2009 pour développer des activités en Chine.

Après cette belle expérience, qui lui a permis de sortir de sa zone de confort, Marc Menasé revient en France pour créer une holding qui investirait dans les médias et l’e-commerce. C’est finalement la première des deux activités qui tirera son épingle du jeu. Mensquare, spécialiste du brand content, sera vendu au Figaro en 2016.

Parallèlement, notre interlocuteur finançait déjà des sociétés. "Cela me passionne dès lors qu'il y a un aspect humain et opérationnel très important", rapporte Marc Menasé. Ce père de deux enfants fait aussi un métier tangible. Son fils et sa fille peuvent ainsi appréhender des aventures comme Yuka, l'application qui scanne l'alimentation, ou Pinterest, le site web de photographies. Il a financé en tout une trentaine de start-up et a fait sept très belles sorties dont deux à plus de 30 fois la mise de départ. Sur la partie amorçage, Marc Menasé se positionne sur des levées de fonds entre 500.000 et 3 millions d'euros. Si en France, il cherche à être "lead", à l'étranger, comme aux États-Unis, il préfère les co-investissements.

Comme tout business angel qui se respecte, Marc Menasé accepte l'échec et ceux des entrepreneurs. Même s'il souhaite évidemment la réussite des start-up qu'il aide, il cherche à toujours apprendre des erreurs et finance volontiers des entrepreneurs qui ont connu des déboires. "Quand vous avez eu une expérience difficile, cela crée des réflexes". Afin que les entreprises construisent le mieux possible leurs colonnes vertébrales, Marc Menasé travaille aux côtés des patrons. Il intervient sur trois sujets : les produits, le business développement et sur la capacité des entreprises à attirer des talents. Pour que les entreprises trouvent leur public.

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