Parité : la France montre l’exemple en Europe
La loi Copé-Zimmermann de janvier 2011, qui décidait de fixer un quota de 40 % de femmes dans les conseils d’administration des sociétés françaises de plus de 50 salariés à partir de 2017, avait à l’époque fait grand bruit. Fallait-il vraiment imposer la parité au sein des boards plutôt que de laisser l’écart de représentation se résorber de lui-même avec le temps ? Sept ans plus tard, la réponse tient dans le premier indice de la diversité européenne publié par European Women on Boards (EWoB) et Ethics & Boards. Ce dernier a porté sur les 200 plus importantes sociétés du Stoxx Europe 600 et a pour ambition de mesurer la progression de la parité dans le Vieux Continent.
Et de ce point de vue, cocorico ! La France fait clairement figure de meilleure élève de la classe. Les 30 sociétés de l'indice comptent en moyenne 44,2 % de femmes dans leurs boards, contre une moyenne de 33,6 % à l’échelle européenne. L’Hexagone représente aussi neuf des onze groupes appliquant au moins une parité à 50/50, avec AccorHotels, AXA, Bouygues, Kering, Legrand, Publicis, Sodexo, Total et Vivendi. Il est donc loin devant le deuxième pays de ce classement, l’Italie avec 26 corporates comptant en moyenne 36,5 % de femmes administratrices. L’Allemagne clôture ce trio de tête, avec 30 sociétés et un taux moyen de 33,7 %. La Belgique pointe en cinquième position (13 groupes, taux de féminisation à 32,7 %), et le Royaume-Uni est relégué à la septième place (37 sociétés, 29,9 % de parité), devant l’Espagne (24,6 %) et la République tchèque, bon dernier à 19 %.
Mais ce n’est pas tout. La France occupe intégralement le trio des sociétés européennes avec la plus forte représentation de femmes : la première est Kering avec 60 %, suivie de Sodexo à 53,8 % et enfin AccorHotels, qui applique une parité stricte à 50 %. En outre, alors que seulement 5 % des groupes européens ont installé des femmes à la tête de cet organe, Sodexo, qui a nommé Sophie Bellon comme chairman de son board début 2016, se distingue de ce point de vue, aux côtés de l’Italien Terna et des activités renouvelables de Siemens Gamesa en Espagne.
Du côté des fonctions exécutives, seuls 4,5 % des membres de l’indice ont élu une femme comme chairman ou CEO exécutif. Parmi elles on compte aussi une Française, Engie (qui compte par ailleurs 42,1 % de femmes à son board). Les autres corporates félicités sont Glaxosmithkline (GB), Wolters Kluwer (Pays-Bas) et Proximus (Belgique). De nombreuses études ont déjà montré que la progression de la parité améliorait les prises de décision et rendements des sociétés concernées. Il semble désormais que la prochaine bataille sur ce front, en France comme en Europe, sera à mener du côté des comités exécutifs et des fonctions de CEO.
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