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Diversité / Parité/Femmes / board / Goldman Sachs / David Solomon
Diversité : Goldman Sachs montre -enfin- l’exemple
Faute de législations véritablement dissuasives dans les pays du monde entier, ce sont les sociétés présentes au forum de Davos qui multiplient les annonces en faveur de l’environnement. Et il pourrait en être de même en matière de diversité : David Solomon, le CEO de Goldman Sachs, a créé la surprise en annonçant sur CNBC que la banque allait imposer à ses clients américains et européens, qui sont candidats à une IPO, d’intégrer au moins une figure de diversité – soit une personne de couleur, soit une femme - à leur board, d’ici au 1er juillet 2020. Elle va même aller plus loin, et réclamer au moins 2 membres du conseil issus de la diversité à ses clients d’IPO au 1er janvier 2021.
Certes, cette information ne change pas la donne en France, où avec la loi Copé-Zimmerman, les entreprises de plus de 500 salariés et avec un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros doivent afficher un quota de 40 % de femmes depuis début 2017. Mais elle est révolutionnaire aux États-Unis, où aucune règle de parité n’a encore été mise en place dans les boards. D’autant plus qu’elle vient de la part de la banque qui a été numéro un des league tables IPO aux États-Unis l’an passé. Et que les États-Unis sont le plus gros marché au monde, où les entreprises ont levé un total de 56 milliards de dollars en 2019, en hausse de 24% sur un an selon Bloomberg. Soit un tiers du marché mondial des introductions en Bourse.
Cette prise de position est un changement de braquet pour Goldman Sachs, sous l’impulsion de son CEO. La banque a travaillé, aux côtés de JP Morgan, sur la fameuse IPO de Wework en 2019, licorne qui n’affichait aucune femme à son conseil. Mais les banques s’étaient distanciées de ce sujet, expliquant qu’elles n’étaient qu’un intermédiaire entre l’entreprise et les investisseurs, et que ceux-ci étaient assez sophistiqués pour faire leurs propres choix. De simple acteur passif sur le marché, Goldman Sachs a décidé de prendre les devants et d’imposer le changement. Une évolution de mentalité qui vient aussi de David Solomon, dirigeant issu de l’investissement après une longue lignée de traders. Ce dernier, qui est aussi DJ à ses heures perdues et performera un set lors d’une fête au Super Bowl, a indiqué que la décision avait été prise après avoir appris que 60 IPO européennes et américaines avaient eu lieu sans femme à leur board dans les deux dernières années. Et a affirmé que si cette décision pouvait lui faire perdre des clients, elle était la bonne pour la stratégie à long terme de la banque… mais aussi bien sûr pour ses actionnaires.
Lentement mais sûrement, les consciences mûrissent sur le sujet de la diversité et de la parité outre-Atlantique. BlackRock et State Street se sont engagés à voter contre des nominations d’administrateurs hommes dans des sociétés avec un board 100% masculin. Et l’État de Californie impose une amende de 100.000 dollars aux entreprises cotées qui n’ont pas mandaté de femme à leur conseil. Les acteurs privés les plus puissants se sont emparés du sujet, car ils ont la plateforme et le réseau suffisants pour le faire. Faute d’un gouvernement actif sur un sujet pourtant crucial.
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