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ISS glass lewis

Boeing : un nouveau cas d’école pour séparer président et DG

Après les accidents tragiques des deux Boeing 737 MAX, ISS et Glass Lewis ont réclamé la séparation des fonctions de chairman et CEO, et la révocation du comité d’audit. Un sujet sensible que Boeing a déjà rejeté, et qui risque d’échauffer les esprits lors de la prochaine AG fin avril.
Boeing 747-8 intercontinental
Boeing 747-8 intercontinental

C’est une situation inédite et difficile dans laquelle se trouve aujourd’hui Boeing, dont le système de navigation est au cœur des deux accidents mortels de Boeing 737Max 8 de Lion Air et Ethiopian Airlines dans les derniers mois. Et après le choc et les mesures d’urgence - retenir au sol tous les appareils de ce type à titre provisoire -, viennent les questions sur les responsabilités et les changements à opérer. Ce sera l’objet de la prochaine assemblée générale annuelle du groupe, qui est prévue le 29 avril prochain. Et en attendant, les sociétés de conseil en vote sont déjà montées au créneau dans leurs recommandations.

ISS (Institutional Shareholder Services) a tout d’abord indiqué à ses clients que Dennis Muilenburg devrait voir séparées ses fonctions de chairman et CEO, qu’il occupe depuis mars 2016 et 2015 respectivement. Et a recommandé la nomination d’un chairman indépendant, qui puisse aider à reconstruire la réputation du groupe aéronautique. Le groupe s’est également prononcé en faveur d’une plus grande transparence sur les dépenses de lobbying de Boeing, alors que ses relations avec la Federal Aviation Administration (FAA) sont scrutées de près, notamment en lien avec la certification des appareils. Et cela alors que Ralph Nader, activiste américain en faveur des droits des consommateurs et ancien candidat à la présidentielle dont la grande-nièce a été tuée dans l’accident de Lion Air, a demandé aux législateurs américains de rendre toutes les contributions de campagnes faites par Boeing.

De son côté, Glass Lewis a aussi plaidé pour la séparation des titres de chairman et CEO, ainsi que pour la révocation du comité d’audit dirigé par Lawrence Kellner, qui n’a pas su anticiper les risques de sécurité liés au Boeing 737 Max. "Étant donné les pertes de vie dans les accidents, les dommages faits à la réputation du groupe, et l’impact négatif sur les futures ventes de l’appareil, nous pensons que ces incidents montrent une erreur potentielle dans la supervision de la gestion des risques par le board", a ainsi déclaré le groupe de conseil en vote.

Le sujet du leadership est très sensible. Si Glass Lewis estime que "la séparation des rôles de chairman et CEO élimine le conflit d’intérêt qui arrive inévitablement quand un CEO est responsable de sa propre supervision", Boeing s’est déjà déclaré contre une séparation arbitraire. "Le board n’est pas au courant de preuves évidentes démontrant que séparer les rôles de chairman et CEO est bien en toutes circonstances", préférant privilégier les intérêts de ses actionnaires.

Boeing a obtenu une première victoire mardi, lorsque la FAA a approuvé sa nouvelle formation des pilotes, et l’update de son logiciel afin de mettre fin au problème du système d’anti-décrochage de l’appareil. Mais le groupe doit encore répondre à de nombreuses actions judiciaires civiles, administratives et même potentiellement criminelles sur ces deux accidents, et plus largement sur le rôle de son board et ses relations bien étroites avec la fédération chargée de certifier ses avions. Des démêlés qui pourraient encore durer des années, au bénéfice d’Airbus.

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