Nikki Haley, une concurrente potentielle pour Trump en 2020 ?
Boeing a procédé à une nomination hautement politique et stratégique. Mardi, le constructeur aéronautique a annoncé qu’il allait proposer la nomination de Nikki Haley, l’ancienne gouverneure et députée de Caroline du Sud, à son board lors de la prochaine assemblée générale du 29 avril prochain. Si elle est confirmée, elle pourrait rejoindre d’autres illustres membres du board, comme l’ancien chief of staff du Président George Bush senior, un ancien représentant au commerce extérieur de l’administration Bush Junior, ou encore Caroline Kennedy, l’ambassadeur des États-Unis au Japon sous Barack Obama. Cette nomination ne doit rien au hasard car le groupe dirigé par Dennis Muilenburg a déjà eu affaire à la femme politique dans les récentes années : elle s’est ainsi opposée à la nomination d’organisations syndicales lorsqu’elle était gouverneure de Caroline du Sud, ce qui s’est conclu par le rejet de cette représentation par les employés du groupe en 2017.
Âgée de 47 ans, Nikki Haley est une figure montante de l’administration Trump. Née d’une famille indienne de confession sikh qui a émigré en Caroline du Sud dans les années 60, elle fait ses débuts en politique en 2004 lorsqu’elle bat le député républicain en place depuis 1975 lors des primaires en Caroline du Sud, et est élue à la Chambre des Représentants de l’État l’année suivante. En 2009, elle se lance dans la course pour être gouverneure, soutenue par des personnalités dont Mitt Romney et l’ancienne gouverneure d’Alaska, Sarah Palin. Elle bat ensuite le sénateur démocrate et devient gouverneure de Caroline du Sud fin 2010, devenant ainsi la première femme à ce poste.
Lors des présidentielles de 2016, elle est présentée parmi la prochaine génération de républicains talentueux, et comme représentante de la diversité. Après son élection, Donald Trump, qui lui aurait proposé le rôle de secrétaire d’État qu’elle aurait décliné, la place sous les projecteurs en la nommant comme ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU. Elle embrasse alors son rôle avec pugnacité et détermination, quitte à prendre à partie la Russie pour son rôle dans la guerre en Syrie. Lorsque les États-Unis décident de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, elle n’hésite pas à menacer les membres de l’ONU sur cette résolution, ce qui lui vaut de vives critiques pour soutenir une décision jugée explosive dans cette région.
Mais en octobre 2018, elle remet sa démission au Président américain, tout en acceptant de rester jusqu’à la fin de l’année. Depuis elle est restée active dans la vie politique, et a lancé un groupe appelé "Stand for America", ayant pour vocation de "promouvoir des politiques publiques qui renforcent l’économie, la culture et la sécurité nationale de l’Amérique". Plutôt vague, mais il n’en faut pas plus pour que de nombreuses voix conservatrices la voient comme la concurrente potentielle à une nouvelle candidature controversée de Donald Trump en 2020. Celle-ci a jusqu’à présent nié de telles intentions et affirmé qu’elle soutenait le Président pour la prochaine échéance mais si ce dernier devait voir ses affaires judiciaires devenir trop lourdes pour espérer un second mandat, elle serait un profil de choix pour nombre de républicains. À cet égard, le témoignage de l’ex-avocat de Donald Trump, Michel Cohen, ce mercredi risque de ternir encore un peu plus l’image du locataire de la Maison Blanche.
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