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Evenements / Airbus / Boeing / DOJ / pnf

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Airbus / Boeing / DOJ / pnf

Le péché mortel de Tom Enders et Denis Ranque

Si Airbus se retrouve aujourd’hui aux prises de la justice américaine avec une très grosse amende à la clé et un risque de réputation, c’est à cause de la naïveté crasse de Tom Enders et de Denis Ranque
Thomas Enders - Tom Enders - Aribus
Thomas Enders - Tom Enders - Aribus

Airbus est mêlé à de vieilles affaires de "pots-de-vin" laissés à des intermédiaires afin d’obtenir des commandes importantes. Il n’y a rien d’extraordinaire derrière cela. Ni même rien de choquant. Sauf que depuis quelques années la France veut laver plus blanc que blanc. Et avec Tom Enders, un luthérien pur et dur et Denis Ranque à la tête d’Airbus, cette affaire bien banale s’est transformée en acte de contrition devant la planète tout entière. Exactement l’inverse de ce qu’il faut faire lorsque l’on est une société mondiale exposée à une guerre sans merci face à Boeing.

Lorsque Tom Enders prend conscience au printemps 2016 de ces soupçons d’affaires de corruption, au lieu de laver le linge sale en famille, il file à l’agence britannique des crédits à l’export (UKEF) puis à l’autorité britannique chargée de la lutte contre les délits et crimes économiques, le Serious Fraud Office. Et comme si ce n’était pas suffisant, il avertit le Parquet national financier qui ouvre une enquête. Et puis vis-à-vis des actionnaires il veut faire du zèle et confie un audit interne au cabinet américain Hughes Hubbard & Reed. Ce dernier possède une antenne à Paris, mais son siège est implanté à New York. Le cabinet procède pour son audit à une collecte des données systématique (ordinateurs, téléphones, clés USB et certains des dossiers…).

Faut-il être soit naïf, soit masochiste pour s’adresser à son meilleur ennemi afin d’enquêter chez soi ? Car Tom Enders ignore en faisant cela que tout juriste américain a l’obligation de dénoncer à son administration tout manquement à la loi de ses clients. En d’autres termes, si les Américains découvrent des manœuvres frauduleuses en épluchant les contrats d’Airbus, ils devront en informer la justice américaine. De son côté il se murmure que Denis Ranque a apporté au Parquet national financier pas moins de 45. 000 pièces qui régalent les juges et qui parlent d’Airbus, mais aussi de ses sous-traitants. Pourquoi ce zèle ? Pourquoi se tirer à ce point une balle dans le pied.

La révélation de cette affaire hier n’était pas une surprise. Ce qui a douché les investisseurs, c’est d’apprendre que le Département de la Justice Américaine savait tout sur Airbus et entendait lui demander une très grosse amende de 7 milliards de dollars. Juste au moment où Airbus s’apprêtait à dépasser Boeing en nombre d’avions commandés. Il n’y a jamais de hasard avec la justice américaine. BNP Paribas a payé cher pour le savoir et pour avoir mieux résisté à la crise que les banques américaines. Idem pour Volkswagen qui était devenu trop puissant face des constructeurs américains moribonds.

Il est dommage qu’à la tête d’Airbus, groupe aujourd’hui décapité avec le départ de Marwan Lahoud et de Fabrice Brégier, se trouvent deux industriels qui n’ont pas compris qu’Airbus était confronté chaque jour à une guerre économique face à Boeing. Une guerre sans cadeaux où tous les coups sont permis. Et quand on fait la guerre, on ne la fait pas en gants blancs et en se battant la coulpe tous les quatre matins. Il est temps qu’une nouvelle génération prenne les commandes d’Airbus. Mais quel gâchis auront fait Tom Enders et Denis Ranque !

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