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M&A : pour Nomura, l’agitation est à son comble
Si certaines banques d’affaires semblent particulièrement prudentes en cette fin d’année, le ton de Nomura est quant à lui beaucoup plus optimiste. Jérôme Calvet, patron France de la banque japonaise, montre sa satisfaction sur le dynamisme de l’exercice écoulé, un des meilleurs de son point de vue grâce au niveau record des transactions private equity notamment. "Il existe une forte pression acheteuse sur les actifs non cotés, en particulier les LBO et deals d’infrastructure", relève-t-il. La banque a notamment travaillé sur les plus grands LBO de l’année comme la reprise du laboratoire Sebia par CVC et Tethys pour 2 milliards d’euros, la vente de l’assureur SIACI Saint-Honoré à Charterhouse pour 565 millions d’euros ou encore celle de Delachaux de CVC au fonds de pension canadien, la Caisse des Dépôts et Placement du Québec. Mais aussi des deals d’infrastructure emblématiques, comme la vente du terminal gazier de Dunkerque par EDF et Total pour 2,4 milliards d’euros.
Certes, l’évolution des forces en présence a changé, pour différentes raisons. Les investisseurs américains sont assez prudents, en raison de l’évolution du taux de change mais aussi en raison du niveau des prix, juge Jérôme Calvet. Les Chinois sont aussi beaucoup moins présents, et leur seul intérêt ne suffit pas toujours à décider un vendeur. Mais d’autres opportunités émergent, comme avec la vente potentielle de nombreux actifs publics comme CNP et La Banque Postale, la privatisation d’ADP, la Française des Jeux ou encore Engie. Un pipeline aussi dense n’a d'ailleurs pas été vu depuis les années 80. Par ailleurs, les activistes sont eux aussi de plus en plus présents en Europe et en France, à l’image d’Elliott fraîchement débarqué chez Pernod Ricard, et seront eux aussi générateurs d’optimisations et de M&A. Enfin et surtout, l’argent vient du non coté qui, en France comme partout dans le monde, a levé des montants historiques dans les dernières années et souhaite les mettre au travail.
Pour Jérôme Calvet, après un millésime 2018 record pour ses équipes, l’agitation est toujours à son comble malgré les soubresauts récents des marchés. Au contraire, les investisseurs saisissent de nouveaux points d’entrée, et essaient de rentrer à des multiples plus abordables. "Même si les actifs restent chers, la correction des marchés a suscité de nouveaux intérêts des investisseurs, et cela devrait encore continuer", assure Jérôme Calvet. Dans les LBO en particulier, les fonds devraient s’intéresser à des actifs résilients, susceptibles de traverser la prochaine crise économique. Et les banques seront peut-être plus vigilantes au financement, dans un environnement moins favorable, même si le banquier ne croit pas à un renchérissement subit du prix de l’argent.
Enfin, Nomura nourrit les meilleurs espoirs pour 2019, dans un contexte où la banque compte sur un pipeline record. L’incertitude majeure vient du prochain point d’équilibre entre l’offre et la demande. "Nous ne notons pas d’attentisme pour le moment. Les investisseurs ont levé beaucoup d’argent et sont très actifs, mais l’activité dépendra de la capacité des acheteurs et vendeurs à se retrouver sur de nouveaux prix", juge-t-il.
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