Écoles de commerce : la France est bien positionnée
L’enseignement français est encore à l’honneur cette année selon le très sérieux classement du Financial Times, l'Hexagone prenant la quatrième place au classement des 100 meilleures écoles de commerce. Sur le podium en troisième position, l'INSEAD talonne la Harvard Business School et la Stanford Graduate School of Business, qui arrivent respectivement en seconde et première position. Depuis son campus à Fontainebleau - comme à Singapour et Abu Dhabi - l’école propose des partenariats de premier plan à ses 1.300 étudiants, qui peuvent espérer un salaire moyen annuel de 205.486 dollars, trois ans après l’obtention de leur diplôme.
La France mérite sa place aussi grâce à HEC Paris, qui figure à la 19ème place du classement (+1 place par rapport à l’an dernier). Le MBA d’HEC sur seize mois, dont la cohorte est limitée chaque année à 250 étudiants, offre à ces futurs chefs d’entreprise l’assurance de gagner en moyenne 142.622 dollars, soit 106 % de plus que ce qu’ils auraient pu espérer gagner sans ce master. Enfin, l’EMLyon Business School (80ème place), l’Essec Business School (93ème) et l’Ecole de Management de Grenoble (98ème place), figurent également au classement.
L’Hexagone ne peut se vanter que d’une seule école sur le Top 10 cette année, comme l’an dernier. Car si la répartition a évolué, les noms restent les mêmes au titre de 2019. Le journal britannique l'interprète ainsi : “Le fait que si peu de nouvelles écoles aient atteint le haut du classement cette année pourrait être considéré comme un signe que le marché des MBA a atteint un point de maturité, où l’écart entre les meilleures écoles et les autres est tel que les barrières à l’entrée sont devenues trop élevées.”
Harvard a gagné deux places cette année et la chinoise Ceibs (China Europe International Business School), en a gagné trois en se classant désormais cinquième, marquant l’ascension la plus fulgurante. Située à Shanghai, cette nouvelle position “met en évidence la force croissante des meilleurs fournisseurs de MBA dans la région Asie-Pacifique, une partie du monde qui a été le moteur de la croissance mondiale de l'enseignement des affaires pendant plusieurs années, tout comme elle a été un moteur de croissance économique”, souligne le quotidien britannique.
Preuve en est, les demandes d’inscription dans les écoles de la région Asie-Pacifique ont augmenté de 8,9 % pendant que celles pour les écoles américaines ont diminué. Les anciens élèves ont aussi classé Sungkyunkwan en Corée du Sud au premier rang dans la catégorie opportunités de carrière (+2 places par rapport à 2018), bien qu’elle ne soit classée que 42ème au classement général. En termes de zone géographique, la Chine arrive de facto en troisième position, avant la France et derrière le Royaume-Uni et les États-Unis, ces derniers raflant encore largement la mise cette année, malgré des inscriptions en berne : 51 des 100 meilleures écoles de commerce mondiales sont américaines.
Quant au Royaume-Uni, il conserve sa deuxième position, car l’incertitude ambiante liée au Brexit n’a paradoxalement pas pesé sur la demandes candidats étrangers d’aller s’instruire dans les écoles de commerce britanniques. Au contraire, la baisse relative de la livre sterling par rapport aux autres monnaies à la suite du vote a rendu les MBA britanniques meilleur marché, ce qui a dopé la demande. “Par exemple, la Saïd Business School de l'université d'Oxford a grimpé de 14 places cette année à la 13ème place, soit sa position la plus élevée depuis qu'elle a participé au sondage de classement en 2001”, explique le Financial Times.
À noter par ailleurs que c'est la première fois que la responsabilité sociale des entreprises est un critère dans le classement. Et dans cette catégorie, l’Américaine Darden arrive en tête de liste. C’est en 2008 que l'école s'était fixée comme objectif d'être "l'une des 10 meilleures écoles de commerce pour l'enseignement et la recherche sur le développement durable et une entreprise neutre en carbone et sans déchets d'ici 2020". Pari réussi.
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