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UniCredit songe à une M&A internationale
La semaine dernière, l’information fuitait selon laquelle l’Italie envisage de fusionner les banques en difficultés Banca Carige et Monte dei Paschi di Siena (MPS) avec une banque en meilleure santé comme UBI Banca afin d’éviter une contagion systémique qui pourrait pénaliser une croissance déjà en berne. Ce matin, de nouvelles révélations sont tombées sur le marché bancaire italien qui, semble-t-il, cherche à se consolider au-delà des frontières.
Jean-Pierre Mustier, administrateur délégué d’UniCredit et ancien directeur général adjoint de la Société Générale songerait à une M&A pour la banque italienne, peut-être en France, peut-être en Espagne, peut-être au Royaume-Uni. L’information vient d’Alessandro Mazzucco qui s’est laissé aller à plusieurs commentaires en marge d’une conférence. Il est l’actuel président de Cariverona, l’équivalent de la Caisse d’épargne locale qui tient une participation à 1,8 % au capital d’UniCredit.
À la fin de l’année dernière, les rumeurs repartaient déjà sur un rapprochement entre la première banque italienne UniCredit et la Société Générale, alimentées aussi par le fait que Jean-Pierre Mustier était le dauphin idéal pour remplacer Daniel Bouton (avant que ne l’emporte à son tour l’affaire Kerviel). Et certains régulateurs de la zone euro n'hésitent pas à encourager ces fusions puisque la présidente du conseil de surveillance de la BCE qui vient de prendre sa retraite a récemment déclaré : l"Union bancaire européenne prépare le terrain pour la fusion transfrontalière des banques." Un méga-rapprochement qui créerait sans aucun doute un nouveau poids lourd financier européen, dont la capitalisation cumulée s’élève à 46,078 milliards d’euros à 15 heures aujourd’hui. C’est plus de 2,2 % du PIB Italien en 2018.
Car au-delà de savoir quelle est la banque qui suscite autant l'intérêt d’UniCredit, ces fusions transnationales nous ramènent à un vieux problème, celui que l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre Mervyn King résumait ainsi : “Les banques mondiales sont internationales dans la vie, mais nationales dans la mort”. D’autant plus que le système de garantie des dépôts à l’échelle européenne n’est toujours pas opérationnel et ce malgré tous les efforts qui continuent d’être déployés pour construire l’Union bancaire.
Par ailleurs si le plan de consolidation bancaire italien vise à éviter une contagion systémique, construire un marché très concentré c’est aussi mettre tous ses œufs dans le même panier. Dans le cas de l’effondrement d’un tel mastodonte, nul doute que les contribuables italiens devront payer une part des pots cassés, au nom du “too big to fail”, ces banques qui deviennent trop grandes pour être libérées sous caution.
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