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Société Générale / Commerzbank / Unicredit / Deutsche Bank

Société générale réaffirme sa position sur les fusions bancaires

Concernant le débat sur la consolidation du marché bancaire européen, en voilà une qui a choisi son camp. Les déclarations du président du Conseil d'administration interviennent au lendemain du bruit selon lequel UniCredit choisirait un rapprochement avec Commerzbank.
Société Générale
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Depuis l'effondrement de Lehman Brothers en 2008, le marché bancaire américain s'est consolidé pendant que l'Europe a pris le parti d'un marché national et fragmenté, préférant ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Les rumeurs récentes sur les fusions Commerzbank - Deutsche Bank, Société générale - UniCredit, UniCredit - Commerzbank relancent le débat sur la consolidation bancaire européenne, qui si elle est correctement dirigée, générerait des avantages économiques substantiels.

Car les désavantages d'un marché dispersé ne sont plus à démontrer. Disant craindre un ralentissement de la croissance et de l'inflation, la BCE a reporté au premier trimestre 2020 la date probable de sa première hausse de taux. Cet environnement de taux historiquement bas fait pression sur la rentabilité des établissements bancaires, sans évoquer les exigences en capitaux réglementaires sans cesse grandissantes et les nécessaires investissements pour ne pas rater le train en marche de la transition numérique. Après la publication de résultats en berne en janvier, les deux plus grandes banques françaises Société générale et BNP Paribas annonçaient de fait revoir à la baisse leurs objectifs financiers et promettaient de réduire de 850 millions d'euros les coûts combinés de leurs banques d'investissement, suivi de rumeurs selon lesquelles elles allaient prochainement supprimer des milliers de postes.

Les banques françaises et européennes manquent d'air et gagneraient à s'allier pour rivaliser avec la concurrence américaine, faire baisser le prix des produits financiers grâce à des économies de coûts mais aussi mutualiser leurs projets d'investissements. Les garde-fous réglementaires instaurés depuis la crise ne s'en iront pas demain, et tous les rapports sur le sujet montrent que les établissements de l'Europe vont au-delà des exigences réglementaires qui leur sont imposées. Un marché bancaire européen intégré permettra une allocation efficace de l'épargne - estimée à 340 milliards de dollars par la Banque de France en début de semaine - vers des opportunités d'investissements plus attractives. Enfin, le Brexit est une occasion inespérée de s'emparer d'une partie des activités du marché de capitaux, aujourd'hui largement exercée depuis Londres. L'Europe est aujourd'hui mature pour une intégration bancaire et il serait inconscient de ne pas saisir les opportunités de fusions acquisitions transfrontières qui se présentent actuellement à elle.

C'est le discours défendu hier par le président du Conseil d'administration de la Société générale Lorenzo Bini Smaghi, au lendemain du bruit selon lequel UniCredit aurait en fait choisi de s'allier à Commerzbank. "Il est clair qu'il y a trop de banques en Europe. Il faut des acteurs plus gros, plus européens, qui soient actifs sur le marché du capital européen", a-t-il expliqué, poursuivant, "sans de grands acteurs européens, il n'y aura pas de marchés de capital européen et le système bancaire européen s'affaiblira, tout comme les systèmes bancaires nationaux. SocGen veut être protagoniste de ce processus d'agrégation quand il aura lieu". Ce qui laisse entendre d'abord que la banque au logo rouge et noir se repositionne stratégiquement sur le marché de la fusion bancaire. Ensuite que la banque paneuropéenne est encore lointaine à l'horizon, Lorenzo Bini Smaghi s'alignant sur les déclarations de Frédéric Oudéa en février qui estimait qu'il ne devrait pas se passer grand-chose en termes de consolidation bancaire dans un avenir immédiat, au regard du vaste chantier législatif qu'elle nécessite.

Interrogé spécifiquement sur les rumeurs de presse évoquant le rapprochement entre Société générale et UniCredit, Lorenzo Bini Smaghi s'est refusé à tout commentaire. Si la fusion avait lieu, le champion bancaire atteindrait une capitalisation totale de près de 50 milliards d'euros, bien plus que ce que créerait le mariage UniCredit - Commerzbank, dont la capitalisation commune est estimée à 36 milliards d'euros ou encore celle liée à la fusion Deutsche Bank - Commerzbank à 25 millions d'euros. La banque française et son homologue italienne ont de fait tout intérêt à ce que le mariage ait lieu : ladite nouvelle banque talonnerait la puissance de feu de BNP Paribas à 56 milliards d'euros et se hisserait à la troisième position des plus grandes banques européennes. Mieux vaut-il cependant attendre que UniCredit règle sa facture aux autorités américaines et que l'environnement bancaire italien s'apaise.

 

 

 

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