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Pour Deutsche Bank, à chaque jour suffit sa peine

L'établissement bancaire a assez à faire avec le quotidien pour se préoccuper de l'avenir, tant ses maux sont nombreux et douloureux.
Deutsche Bank - logo
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Pour Deutsche Bank, mieux vaut supporter les peines d'aujourd'hui sans se soucier de celles à venir. D'abord car qui craint de souffrir, souffre de la crainte, mais surtout car Deutsche Bank est confrontée à tant de maux, qu'il est souhaitable de les traiter un par un.

Vendredi soir, l'agence de notation financière Fitch Ratings a abaissé la note de la première banque allemande de BBB + à BBB, exerçant une pression supplémentaire sur le prêteur allemand, après que les actions ont chuté à un nouveau plus bas cette semaine. L'agence est inquiète de la capacité de la banque à exécuter la restructuration nécessaire, quelques semaines après l'échec de la fusion avec son homologue Commerzbank. Depuis plusieurs années, l'activité de banque de financement et d'investissement de Deutsche Bank - qui représente la moitié du chiffre d'affaires, et les deux tiers des actifs pondérés -, ne cesse de perdre du terrain. Selon les derniers chiffres publiés par l'établissement, le rendement des fonds propres peine à atteindre 1 %, alors que le coût du capital dépasse les 10 %. Et la dégradation de la note n'arrangera rien au prix auquel se finance la banque.

La veille, c'est le scandale des CumEX files qui a rattrapé Deutsche Bank. Les procureurs en charge de l'affaire viennent d'ouvrir une enquête contre 70 employés actuels et anciens de la plus grande banque allemande, parmi lesquels figure le vice-président du directoire Garth Ritchie, mais aussi l'ancien CEO Joseph Ackermann et l'ancien co-CEO, Anshu Jain. Pour mémoire, il s'agit d'un vaste système de fraude fiscale sur les dividendes, qui a permis aux banques européennes de dissimuler près de 55 milliards d'euros (probablement plus) aux États membres.

Aujourd'hui enfin, des auditeurs internes à la banque révèlent de graves lacunes dans ses contrôles en matière de lutte contre le blanchiment d'argent. Deutsche Bank, qui traite environ 50.000 chèques par an, ne serait pas très regardante sur ceux émis par les entreprises clientes à des destinataires étrangers, et la banque ne serait même pas en mesure de déterminer pendant combien d'années certains chèques sont passés au travers des contrôles. Elle qui, selon les ordres de l'autorité allemande des marchés financiers, la BaFin, fait l'objet de la supervision d'un observateur externe depuis l'automne dernier, en raison des innombrables manquements en matière de lutte contre le blanchiment d'argent. Au mois de février dernier, son mandat a d'ailleurs été élargi après que la banque a été suspectée de prendre part à des transactions douteuses avec l'unité estonienne de la Danske Bank.

Pour la banque, poursuivie pour près de 6.000 affaires à travers le monde, il est grand temps que cette spirale infernale prenne fin. Depuis des mois, l'actualité de Deutsche Bank est telle que l'on croirait à un coup monté, ou pire, à un canular.

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