Private Equity / Groupe Bruxelles-Lambert / Webhelp / Ian Gallienne / Frédéric Jousset
Private Equity
Groupe Bruxelles-Lambert / Webhelp / Ian Gallienne / Frédéric Jousset
Ian Gallienne marque son territoire chez GBL
C’est officiel : le Groupe Bruxelles Lambert est entré en négociations exclusives pour l'acquisition du groupe français Webhelp, actif dans le service à la clientèle. Si l’opération est finalisée, la transaction valorisera l'entreprise, présente dans plus de 35 pays, à hauteur de 2,4 milliards d'euros. Créée en 2000, Webhelp développe des solutions innovantes combinant prestations de conseil, solutions technologiques et capacités de traitement omni-canal. Depuis l'entrée au capital de KKR en 2015, ce groupe a doublé de taille.
Il emploie désormais plus de 50.000 personnes, contre 30.000 auparavant, et vise un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros en 2019. Cela en fait l'un des leaders mondiaux de l'expérience client et de l'externalisation des processus métiers. Le holding belge est donc entré en phase d’exclusivité pour en acquérir une participation majoritaire, aux côtés des actionnaires cofondateurs Frédéric Jousset et Olivier Duha, qui conserveraient leur rôle de dirigeants, ainsi que son équipe dirigeante. Il reprendra les parts de KKR. Si tout se passe comme prévu, la transaction devrait être clôturée d'ici la fin 2019.
Pour Ian Gallienne, dont c’est le premier gros investissement, de surcroît en France, depuis sa nomination à la tête de GBL, il s’agit de "poursuivre ensemble l'histoire de croissance et d’accompagner la société dans sa transition d'un acteur européen vers un leader mondial". Dans cette dernière expression on retrouve toute la philosophie qui a animé le Groupe Bruxelles-Lambert d’Albert Frère. Repérer des entreprises à fort potentiel de croissance organique et de croissance externe à partir desquelles il est possible de bâtir un groupe beaucoup plus grand. Ce qui justifie naturellement un investissement sur le très long terme.
Mais Ian Gallienne, qui a fait ses premières armes dans le secteur du private equity, privilégie les entreprises de services, par nature moins capitalistiques. À la différence de feu, son beau-père qui était un homme de l’industrie et qui était issu de la sidérurgie flamboyante, avant d’investir dans le pétrole, le nucléaire, le ciment et la chimie ou les alcools avec Pernod-Ricard. Ce ne sont pas des secteurs que regarde Ian Gallienne. Et si l’opération Webhelp est finalisée, nul doute que tout ce que la Belgique compte de financiers, mais aussi la famille québécoise Desmarais, actionnaire de GBL, ainsi que le Tout-Paris de la Finance, va surveiller de très près l’avenir de cette participation et la capacité de Ian Gallienne à s’en servir de tremplin pour faire du build-up et créer ainsi de la valeur pour ses actionnaires.
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