Dirigeants, gouvernance / Groupe Bruxelles-Lambert / Compagnie Nationale à Portefeuille / Ian Gallienne
Dirigeants, gouvernance
Groupe Bruxelles-Lambert / Compagnie Nationale à Portefeuille / Ian Gallienne
New deal familal au sein de la galaxie créée par Albert Frère
Près de 30 mois après la disparition d’Albert Frère, ses héritiers ont mis au point une nouvelle organisation capitalistique afin que chacun ait son domaine réservé, tout en maintenant la cohérence de l’Empire financier créé par l’industriel wallon. C’est donc une nouvelle très importante qui vient d’être annoncée pour le capitalisme belge, mais aussi français et surtout européen, dans la mesure où les descendants d’Albert Frère cherchent à rester investisseurs partout où en Europe il y a de belles affaires et de la croissance.
On se souvient que l’an passé, en pleine crise du Covid-19, la société Parjointco, contrôlée conjointement par les deux familles Frère et Desmarais, qui détenait 55 % de Pargesa Holding SA, elle-même possédant près de 50 % du capital du Groupe Bruxelles-Lambert a racheté les 45 % du capital détenus par les minoritaires. C’était le début des grandes manœuvres qui aboutissent aujourd’hui au fait que Ségolène Gallienne et son frère Gérald ont respectivement le co-contrôle de GBL avec les Desmarais et la propriété de la CNP, tout en gardant une part de 24,9 % dans la holding qu’ils ne gèrent pas. Ainsi Ségolène Frère, épouse de Ian Gallienne, possède désormais via la Fondation néerlandaise Frère-Bourgeois, et la holding intermédiaire FG Bros 75,1 % de 50 % de Parjointco. C’est-à-dire en pourcentage d’intérêt 14 % de GBL et 24,9 % de la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP). De son côté Gérald Frère détient 75,1 % de la CNP et détient un intérêt de 3,55 % chez GBL. Bref chacun est chez soi, mais tous restent unis.
Cette réorganisation présente pour Ian Gallienne, le CEO du Groupe Bruxelles-Lambert, l’avantage s’assurer la pérennité du groupe. D’autant plus que le frère et la sœur sont liés par un pacte d’actionnaires jusqu’en 2046. Ensuite cette clarification va permettre aux deux holdings de mener des stratégies un peu différentes. Enfin cela va permettre aux dirigeants de GBL de poursuivre la feuille de route faite d’un mix d’actifs cotés comme Imerys ou Pernod-Ricard, d’affaires non cotées comme Webhelp ou bien le numéro un européen du vélo direct-to-consumer Canyon et de développer Sienna Capital qui va investir en propre et pour compte de tiers dans plusieurs "verticales" d’actifs alternatifs à partir d’une base de 2,5 milliards d'euros de capitaux propres.
Ian Gallienne est ambitieux en matière d’investissements pour les années à venir. Son horizon c’est l’Europe. Et c’est pour viser des sociétés de croissance sur le marché européen qu’il a monté une SPAC avec la famille égyptienne Sawiris. Il cherche aussi à être présent dans les secteurs de la santé, du digital et de la mobilité (Umicore, fournisseur de batteries pour véhicules électriques). GBL est aujourd'hui estimé aujourd’hui à plus de 20 milliards d’euros, ce qui en fait l’une des principales holdings européennes avec Investor, celle de la famille Wallenberg. Et c’est sans compter une capacité d’investissement immédiate de 3 milliards d’euros (cash et facilités de crédit).
Il reste pour Ian Gallienne à convaincre le marché de la pertinence de la nouvelle stratégie de GBL, différente de celle mise en œuvre par Albert Frère. De manière que la décote sur le cours de Bourse par rapport à l’actif net réévalué par action se réduise alors qu’elle est aujourd’hui trop élevée (32 % environ) et n’est en rien justifiée compte tenu de la qualité des actifs en portefeuille.
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