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Macron, les retraites, la règle et les exceptions

Politique économique / Emmanuel Macron / SNCF / RATP / EDF

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Emmanuel Macron / SNCF / RATP / EDF

Macron, les retraites, la règle et les exceptions

Emmanuel Macron recule sur son projet de réforme des retraites avant même la grève intersyndicale et reconductible du 5 décembre. En remettant en cause l’universalité de la réforme. Et en avançant des arguments plus que contestables, 75 ans après le pacte du Conseil National de la Résistance.
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

A peine rentré d’un séjour sur l’Ile de la Réunion où il a été malmené par les grévistes et les "gilets jaunes", le Président de la République a accordé une interview à RTL sur la réforme des retraites. Et au lieu de rappeler que cette réforme n’est pour l’instant qu’un projet, en cours d’ajustement en fonction des rencontres avec les français, il a estimé "comprendre" qu’un salarié d’EDF, de la RATP, ou de la SNCF "proteste". Avant d’ajouter : "il faut qu’on trouve une solution intelligente" pour ce cheminot ou cet électricien car "il est rentré avec un pacte avec la nation. Sans doute, il ne faut pas tout bousculer pour lui".

A peine sur la table, adieu donc l’universalité du nouveau système des retraites. Adieu la fin des régimes spéciaux. Adieu le même âge de départ à la retraite pour chaque citoyen à droits équivalents. Adieu la mère des batailles. On ne peut pas faire grief à Emmanuel Macron de chercher à apaiser un climat social hyper tendu, surtout un an exactement après le mouvement des "gilets jaunes". On ne peut pas lui reprocher de chercher une solution de sortie. Mais pas en se couchant maintenant devant les grèves perlées de quelques cheminots de Sud-Rail.

Quant au pacte avec la nation, il faudrait en finir avec cet argument qui date du Conseil National de la Résistance. Oui le Général de Gaulle avait donné des avantages particuliers aux cheminots, parce nombre d’entre eux avaient infiltré des réseaux de résistance, notamment au sein des FTP. Et on ne leur rendra jamais assez hommage. Le cheminot qui a cinquante ans aujourd’hui est né 25 ans après la libération de la France. Il n’a rien à voir avec le sang versé par une toute autre génération de cheminots dans un contexte bien différent. Et n’oublions pas que s’il y a eu beaucoup de cheminots résistants, il y en a eu aussi, hélas, pour conduire les fourgons de prisonniers, de juifs et de résistants arrêtés par les allemands vers les camps de la mort.

Si le Chef de l’État comprend les grèves sauvages des cheminots, s’il compatit avec le sort de cheminots nés en 1969 et qui n’ont même pas connu les locomotives à vapeur, s’il croit encore que ces agents sont motivés, dans leur travail et leur carrière, par un "pacte avec la nation", alors tout cela augure bien mal de la future réforme des retraites dont nous avons eu droit, depuis juillet dernier, à un plan A, à un plan B, et à un plan C. Face à un pouvoir sans colonne vertébrale qui a décidé d’abdiquer avant même de se battre, les syndicats voient se dérouler un tapis rouge pour conserver tous leurs fameux acquis sociaux. Et la France voit s’éloigner un volet majeur de sa transformation et éventuellement de ses dépenses publiques.

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