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Sanofi / doliprane / Synthorx

Sanofi fait muter son génome

Le dernier arrivé Paul Hudson casse la tirelire du Groupe pour une biotech californienne à la technologie brevetée. Il n'y a rien d'étonnant à cela, c'est la direction prise depuis des années par le Groupe, qui pourrait aussi se séparer de son médicament phare. 
Paul Hudson (Crédits : DR)
Paul Hudson (Crédits : DR)

Dès ses débuts en 1973, Sanofi parie sur des participations et des acquisitions. Celle du Laboratoire Michel Robilliart puis des Laboratoires Choay. Celle de Parcor puis Ceva. Celle de l'Institut Pasteur Production puis la division santé de Clin-Midy Industries. Celle d'Ela Medical, Rousselot et Chinoin dans les années 1980. Et bien d'autres.

C'est ainsi que le Groupe se développe, aussi à l'international, et devient l'un des leaders mondiaux des médicaments sans ordonnances avec des marques fortes comme Doliprane. L'autre grand pôle de développement de Sanofi, c'est la beauté et la parfumerie, qu'il conquiert là encore grâce à de la croissance externe autour d'acquisitions stratégiques et opportunistes entre 1973 et 1999. Sanofi approche Yves Rocher, Roger & Gallet mais aussi Yves Saint Laurent, avant que l'intégralité de la branche beauté ne soit vendue à François Henri Pinault et intégrée à Gucci, faute de résultats satisfaisants. Bref, à ses débuts, Sanofi n'est sûrement pas en train de soigner le cancer, la sclérose en plaques et autres maladies rares.

Ce n'est que quinze ans plus tard, grâce à des investissements conséquents en Recherche & Développement, que Sanofi va devenir l'ultime étape de croissance pour de nombreuses biotechs, forte de liquidités pour financer les essais cliniques et de visibilité conséquente pour le merchandising. À la fin du mois d'octobre, le portefeuille de R&D comportait 85 projets, dont 37 entités moléculaires en cours de développement, et les montants devraient croître jusqu'en 2020, représentant jusqu'à 16% des ventes. 

Le Groupe a fait récemment monter en puissance ses partenariats avec les biotechs américaines Regeneron et Alnylam, renforçant le positionnement dans les bio médicaments, dont les ventes explosent, et annonce aujourd'hui mettre la main sur la société biotech Synthorx pour pas moins de 2,5 milliards de dollars, dont la raison d'être est le prolongement et l'amélioration de la vie des personnes atteintes de cancer ou de troubles auto-immuns. Paul Hudson, qui a pris ses fonctions de directeur général le 1er septembre a rappelé ce matin comme l'acquisition cadrait parfaitement avec la stratégie de Sanofi de dynamiser l'innovation.

Depuis des années, Sanofi fait muter son génome et cela lui rend bien, lui qui profite aussi du vieillissement de la population et d’un accès élargi aux services de santé dans le monde. Au troisième trimestre, la société a réalisé un résultat net en hausse de 4,3%, à 2,399 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires du laboratoire pharmaceutique s'est élevé à près de 10 milliards d'euros entre juillet et septembre, en progression de 1,1% à données publiées, et le Groupe a pu confirmer ses perspectives de bénéfice par action pour 2019. Demain mardi, la transformation de Sanofi pourrait aussi prendre un nouvel élan. En effet, selon des informations de Reuters, lors son capital market day, Paul Hudson doit rencontrer des investisseurs pour discuter d'une coentreprise ou de la vente de la plus célèbre de ses activités, le Doliprane. Une introduction en Bourse de cette activité pourrait être valorisée environ 30 milliards de dollars, selon les analystes.

 

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