Entreprises / Actions / sigmar gabriel / Deutsche Bank / ministre
Entreprises / Actions
sigmar gabriel / Deutsche Bank / ministre
Un ministre au Conseil de surveillance de la Deutsche Bank
La Deutsche Bank a choisi l'ancien ministre allemand Sigmar Gabriel pour rejoindre son conseil de surveillance, prenant la place d'un autre candidat qui a dû faire face à un veto des régulateurs. Jürg Zeltner, un ancien dirigeant d'UBS, a suscité des soupçons lorsqu'il a racheté l'an dernier le groupe bancaire privé européen Quintet, soutenu par le Qatar, et concurrent direct de la Deutsche Bank dans la gestion de fortune.
À 60 ans, Sigmar Gabriel, membre du parti démocrate, est bien connu en Allemagne après avoir été ministre des Affaires étrangères de 2017-18, et avant cela ministre de l'Économie. Il a également été vice-chancelier de 2013 à 2018. Il rejoint le board du prêteur basé à Francfort, au milieu de son retrait historique de la Banque d'investissement. L'année dernière, le directeur général Christian Sewing a dévoilé des plans visant à supprimer 18.000 emplois, à fermer sa division de négociation d'actions mondiales et à créer une "bad bank" de 288 milliards d'euros afin de tenter de relancer sa fortune après que les actions ont plongé à un niveau record en 2019, après plusieurs années de scandales et de pertes.
Felix Hufeld, président du gendarme boursier allemand, la BaFin, a souligné que la seule question, d'un point de vue réglementaire, était de savoir si Monsieur Gabriel avait une expertise suffisante. "Pour un ancien président du conseil de surveillance de la KfW [prêteur public allemand] et ancien ministre de l'Économie, cette [question] peut être affirmée sans plus attendre", a affirmé Felix Hufeld à l'agence de presse allemande DPA.
L'ancien vice-chancelier, qui avait aussi siégé au conseil de surveillance de Volkswagen alors qu'il était Premier ministre du Land de Basse-Saxe, de 1999 à 2003, n'est pas le premier exemple outre-Rhin de reconversions de dirigeants politiques dans l'industriel. L'ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schröder a ainsi été nommé après sa défaite aux élections en 2005 à la tête du consortium de construction du gazoduc Nord Stream, dont le premier partenaire est le russe Gazprom. En 2017, il a été élu président du conseil d'administration du groupe pétrolier russe Rosneft.
En France aussi, les CV politiques se confondent parfois à des expériences de financiers et d'industriels. Bien avant de devenir ministre de l’Économie, Emmanuel Macron a travaillé dans les bureaux feutrés de chez Rothschild&Co, comme il l'affiche sur son Linkedin, disant avoir été "Associé-Gérant, entre 2008 et 2012". Georges Pompidou aussi est passé par la banque Rothschild, lorsqu'en 1953, à la recherche d'un nouveau challenge, il rejoint l'établissement, avant le retour aux affaires de De Gaulle en 1958. Dans l'industrie cette fois, Nicolas Sarkozy a intégré le board d'AccorHotels, avant de rejoindre le groupe Barrière, entre autres propriétaire du Fouquet's. Enfin, il y a Thierry Breton. À la Commission européenne depuis à peine deux mois, il a alterné des courtes fonctions dans le secteur public et des longues dans le privé. Côté privé, il a dirigé les plus grands noms de l’industrie française : Bull, Thomson, France Télécom ou Atos – qui a racheté Bull – qu’il pilotait depuis 2008.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

