Dirigeants, gouvernance / Wendel
Dirigeants, gouvernance
Wendel
Les rémunérations des dirigeants de Wendel ont bondi de 37 % depuis 2016
Mieux vaut être dirigeant de Wendel qu’actionnaire de cette magnifique société d’investissement au passé si pétri d’Histoire de France. Entre le début 2016 et la fin 2019, c’est-à-dire sans prendre en compte la chute du titre dans le sillage de la crise du coronavirus, l’action a augmenté de 10 %. Ce qui correspond à une performance moyenne annuelle de 2,35 %… Pas extraordinaire pour une société qui affiche d’emblée sur son site internet que son objectif est de procurer "un taux de retour moyen aux actionnaires à deux chiffres, un dividende en croissance année après année, et avec des rachats d’actions réguliers et opportunistes." !
C’est le problème des actionnaires, notamment familiaux s’ils acceptent de se contenter d’un si mauvais résultat. Ce devrait être aussi leur devoir que de regarder avec intérêt les abondantes pages du document d’enregistrement universel consacré aux rémunérations des mandataires groupe, donc des personnes chargées de créer de la richesse à partir des capitaux confiés par les actionnaires et de celles chargées de les challenger dans le cadre d’une bonne gouvernance. Et cela quels que soient les changements de personnes qui ont pu intervenir à la tête de Wendel ou au sein de son conseil de surveillance depuis 2016.
Le tableau récapitulatif des rémunérations fourni par la société à la page 125 de son document d’enregistrement universel montre qu’entre 2016 et 2019, la rémunération complète du Président du Directoire est passée de 3 994 940 à 5 597 164 euros. Ce qui correspond à une progression de 40 %. La rémunération de l’ensemble du directoire a, pour sa part, progressé de 34,2 à 8 934 575 euros. Quant aux émoluments versés aux membres du conseil de surveillance, ils sont passés de 695 000 à 1 161 000 euros. Soit une augmentation de 67 % pour surveiller le bon fonctionnement du groupe. Qu’il s’agisse des rémunérations versées aux membres du directoire. Ou qu’il s’agisse de la qualité des investissements réalisés.
Et c’est là que le bât blesse. Car dans ce même tableau que les quelque 1 150 actionnaires familiaux de Wendel devraient découper et encadrer avant de demander des explications lors de la prochaine assemblée générale, il apparaît qu’au cours des quatre derniers exercices, l’actif net réévalué par action est passé de 153,9 à 166,30 euros. Ce qui correspond à une progression de 8 % sur quatre ans… ! Dans le même temps l’indice CAC 40 a progressé de 30 %, soit cinq fois plus. Une Sicav indicielle gérée par un automate aurait bien davantage enrichi les actionnaires de Wendel que des mandataires sociaux excessivement bien rémunérés, et régulièrement augmentés. La prochaine assemblée du groupe dira si les actionnaires familiaux de Wendel apprécient de se faire traiter ainsi ou bien s’ils font preuve d’une passivité coupable.
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