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Macro-économie / Taux / patrons / Medef

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Les patrons européens unissent leurs voix pour un fonds de relance ambitieux

Les présidents des organisations patronales française, italienne et allemande ont publié une tribune dans plusieurs quotidiens européens pour que l'Europe adopte des mesures de relance fortes, permettant au Vieux Continent de sortir le plus rapidement possible de la crise.
Geoffroy Roux de Bézieux
Geoffroy Roux de Bézieux

Petite lueur d'espoir dans le ciel européen, très déchiré depuis le début de l'épidémie. Alors que l'exécutif bruxellois peine à trouver un accord entre tous les membres pour mettre sur pied un instrument de relance à la mesure de la crise économique actuelle, les patrons du Vieux Continent, eux, sont sur la même longueur d'onde. Les présidents des organisations patronales italienne, française et allemande ont ainsi uni leur voix afin de plaider pour un plan de soutien à l'échelle européenne, dans une tribune publiée dans plusieurs grands quotidiens du Vieux Continent. Et eux sont d'accord, bien qu'ils soient de trois pays qui, au niveau de l'exécutif, appartiennent à deux camps "opposés", ceux du Sud et ceux du Nord. "Une coopération étroite de nos gouvernements et des institutions" est indispensable selon eux pour remettre en route "la production, le marché unique, les transports transfrontaliers, la mobilité de la main-d’œuvre et le tourisme en Europe". Certes, les entreprises européennes ont pris des mesures sans précédent pour lutter contre les conséquences économiques de la pandémie, de même que les pouvoirs publics au niveau de chaque État. "Mais ce n'est pas encore suffisant. Une réponse majeure de politique publique s'impose", expliquent Vincenzo Boccia (président de la Confindustria), Dieter Kempf (président de la BDI) et Geoffroy Roux de Bézieux.

Et la triple réponse déjà apportée au niveau européen -le plan de soutien au chômage partiel SURE (de 100 milliards d'euros), l'aide de la BEI aux entreprises (200 milliards) et la ligne de précaution du MES de 240 milliards -  n'est qu'une première étape. Pas assez ambitieuse donc, selon les patrons. "Nous appelons les dirigeants européens à approuver rapidement une proposition audacieuse pour le prochain cadre pluriannuel du budget européen, afin de créer un Fonds européen de relance de taille adéquate", exhortent-ils. Afin de donner un ordre de grandeur, les patrons évoquent des mesures qui iraient jusqu'en 2023 et qui représenteraient jusque 5% du PIB par an dans les pays. Sachant que ce chiffre comprendrait à la fois les programmes de soutien national et européen. "La bonne réponse européenne en termes de taille, de calendrier et de type de financement, déterminera les conditions dans lesquelles l'Union sortira de cette crise. La solidarité budgétaire doit se manifester par des ressources communes au profit des pays les plus touchés". Enfin, les patrons ont conclu leur vibrant appel par une exhortation à faire de l'Europe un continent phare de la transition énergétique et du développement numérique et technologique.

Certes, il y aura encore du chemin à parcourir pour que les pays du Nord, Pays-Bas et Allemagne, acceptent de mettre en place un outil de financement à l'échelle européenne qui ne soit pas un simple mécanisme de prêts, accordés de façon proportionnelle à la contribution des États au PIB de la zone euro. Comme cela est pour l'instant le cas pour la ligne de crédit de 240 milliards qui devrait être effective début juin. Mais cette tribune du patronat européen devrait tout de même aider les Allemands à assouplir leurs positions dans les prochaines semaines et les prochains mois, lorsque le fonds de relance sera de nouveau débattu. Normalement, la Commission doit présenter une première proposition pour ce fonds de relance d'ici la fin du mois, et au plus tard lors de l'Eurogroupe du 16 juin. Le but étant pour les États de trancher lors du Conseil européen des 18 et 19 juin. L'appel des patrons à un mois de cette échéance cruciale n'est donc pas anodin.

 

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